Bernard Trottier, le mécène des athlètes

Le mordu du ski n'a pas été longtemps... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Le mordu du ski n'a pas été longtemps à l'école, mais il savait skier et il savait compter, raconte Bernard Trottier. Et c'est ainsi qu'il a bâti sa vie.

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Notre personnalité de la semaine a reçu récemment une médaille de la Gouverneure générale pour service méritoire, décoration remise notamment à des civils, pour le remercier des services rendus dans la promotion et le développement du sport au Québec et l'aide aux athlètes.

Mais il y a longtemps, des décennies, en fait, qu'une multitude de grands sportifs le remercient au quotidien, de Peter Duncan à Erik Guay, en passant par Steve Podborski, Nancy Green, Sylvie Fréchette et Nathalie Lambert. Car il les aide directement, skieurs, patineurs, peu importe, depuis toujours.

Bernard Trottier est un mécène d'athlètes, de skieurs surtout, mais de tous ceux qui ont le talent et la volonté d'aller loin.

Né à Montréal dans une famille modeste, d'un père forgeron et d'une mère qui travaillait comme cuisinière dans les grandes familles, Trottier a commencé jeune à adorer le ski. « Je skiais sur des planches de baril s'il le fallait », dit-il. Tout était prétexte à aller dehors glisser. Et à l'époque, cela se passait à Montréal ! « Vous voyez le parc, où on a construit le Stade olympique ? C'est là que j'ai commencé. On montait avec des câbles. »

Puis il y a eu le ski sur le mont Royal, la pente de l'Université de Montréal, le ski au parc Maisonneuve. C'était vraiment les débuts.

« Je skiais avec mes frères, mes cousins. J'étais inspiré par tout ça, par le fait de sortir dehors ensemble. Les gens du sport, c'est du bon monde. »

- Bernard Trottier

Mais en même temps, l'activité n'était pas aussi connue et pratiquée qu'elle l'est maintenant.

« À notre époque, les Québécois ne faisaient presque pas de ski », dit-il.

L'espace était donc libre pour tous ceux qui voulaient le pratiquer, mais aussi l'enseigner. Et pour vendre de l'équipement. C'est ce que Bernard Trottier a commencé à faire, dans son sous-sol. Des années plus tard, il aurait trois des boutiques les plus grandes et les plus renommées au Québec, chaîne qu'il a vendue, avec son nom, il y a une vingtaine d'années.

Le mordu du ski n'a pas été longtemps à l'école, mais il savait skier et il savait compter, dit-il. Et c'est ainsi qu'il a bâti sa vie.

Sa biographie est à la fois difficile à raconter, parce qu'elle est composée de mille étapes, et facile à résumer : boutiques de ski, courses de ski, aide directe aux athlètes, engagement dans tous les comités et initiatives possibles pour promouvoir le ski.

Du mont Sauvage à Sutton et Tremblant, peu d'amoureux du ski n'ont pas été touchés par son travail. Il a équipé une immense partie des enfants skieurs du Québec, « à une époque où on faisait venir les bottes d'Italie par conteneurs entiers ».

Bernard Trottier s'est battu pour que le sport soit connu et reconnu, encouragé, pour que les athlètes talentueux soient aidés.

« J'ai même équipé Justin », lance-t-il en riant. Pierre Elliott Trudeau était un bon client.

À travers tout cela, Bernard Trottier s'est marié, avec une femme qui a fini par aimer le ski. « Elle n'a pas eu le choix. » Il a eu deux enfants - dont un fils qui a fait de la compétition de haut niveau - qui ont pris la relève avec leur boutique, Ski Town à Brossard.

Et il a formé plusieurs des références en ski d'aujourd'hui.

« Conrad Guay, le père d'Erik, c'était un de mes assistants à mon école de ski à Tremblant », raconte-t-il, en parlant bien sûr du père de celui qui est probablement le meilleur skieur alpin canadien actuellement. Trottier pilotait l'école de l'hôtel Bellevue, sur le versant nord. « Plus tard, Conrad Guay est devenu directeur de l'école de Tremblant. »

« La plus grosse école de ski au Québec, actuellement, est au mont Saint-Bruno, poursuit-il. Le directeur ? C'est moi qui lui ai montré le ski ! »

Et la liste peut continuer pendant de longues minutes si on ne l'arrête pas... Il parle des légendes qu'il a aidées, comme Ken Read ou Steve Podborski, des Crazy Canucks. Il parle de « [s]on ami Jean-Claude Killy », légende française du ski.

Quand j'appelle quelques athlètes pour leur demander de parler de Bernard Trottier, les échos sont unanimes. Un grand monsieur qui ne cherchait pas les projecteurs et qui aidait tout le monde, qui était présent. Pas juste avec de l'argent, mais aussi de l'aide pratique, concrète. Nicolas Fontaine, le champion de ski acrobatique, relate qu'il l'a déjà aidé, en pleine compétition, à trouver des chaussons spéciaux pour ses bottes. « Il était vraiment présent », dit l'athlète.

Parce que Bernard Trottier allait aux compétitions partout dans le monde pour encourager les sportifs qu'il aidait financièrement, directement.

Et même ceux qui ne faisaient pas de ski. La nageuse synchronisée Sylvie Fréchette a été aidée par Bernard Trottier, tout comme les patineurs Nathalie Lambert et Gaétan Boucher.

« J'ai tout fait ce que je pouvais pour aider les athlètes »

- Bernard Trottier

Tous ceux qui avaient du potentiel pour aller loin.

Il y a plus de 20 ans qu'il a vendu les boutiques de ski à son nom, des commerces qui ont connu bien des hauts et des bas depuis.

Mais Bernard Trottier, lui, a gardé le cap. À 85 ans, il fait encore un peu de ski, doucement, dit-il. Il aide son fils et sa fille avec leur boutique d'équipements, à Brossard, Ski Town. Si vous voulez un jour le rencontrer, c'est là qu'il faut aller. Il continue d'y être régulièrement. Incapable de ne pas encourager tout le monde à faire du sport, à faire du ski. À communiquer sa passion.




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