Petites grandes vérités sur Jean-Marc Vallée, personnalité de la semaine

Le réalisateur Jean-Marc Vallée... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse)

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Le réalisateur Jean-Marc Vallée

Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

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Jean-Marc Vallée insiste pour que je vous dise qu'il radote.

Que son histoire, son enfance montréalaise, sa découverte du cinéma, son amour pour la musique, sa carrière américaine, il l'a déjà racontée et la racontera encore.

Il précise qu'il ne nous en veut pas, les journalistes, de lui poser encore ces mêmes questions. C'est juste normal. Mais qu'évidemment, l'histoire qu'il veut réellement raconter, elle est ailleurs, dans sa tête, dans un livre, un scénario, et que cette histoire-là, elle prendra vie sur un écran. Parce que c'est ce qu'il fait dans la vie. Filmer pour raconter.

Le réalisateur, notre personnalité de la semaine, a eu une grande année, un cru marqué, cet automne, par 16 nominations aux Emmy, les Oscars de la télévision américaine, dont huit prix, notamment celui de la meilleure réalisation pour sa minisérie Big Little Lies mettant notamment en vedette Reese Witherspoon, diffusée l'hiver dernier sur HBO. Ceci arrivait après les succès des films Wild, Dallas Buyers Club, Demolition...

Les cinq dernières années ont été plus que remplies, aussi exaltantes qu'épuisantes. « De la folie. En 2018, je vais prendre six mois de congé. J'ai besoin d'arrêter », dit le réalisateur en entrevue, précisant que les tournages télé, en particulier, sont crevants.  « D'ailleurs, je veux revenir au long métrage. »

En attendant, il est à Montréal en postproduction de Sharp Object, autre minisérie de huit épisodes pour HBO qui sera diffusée en 2018. Tirée du roman de Gillian Flynn, celle-ci raconte l'histoire d'une journaliste de Chicago jouée par Amy Adams, qui doit retourner dans un État du sud des États-Unis, le Missouri, où elle est née, pour faire un reportage sur une série de meurtres d'enfants. Comme dans Big Little Lies, il y a beaucoup de personnages féminins, précise le réalisateur. « Mais le ton est très sombre », dit Vallée, qui a choisi cette fois d'enrober le tout dans les chansons de Led Zeppelin. La musique est au coeur de la vie et du travail du cinéaste. « Je me lève, dit-il, et j'appuie sur le bouton "Play". »

RETROUVER SA VIE

Originaire de Rosemont, Vallée, qui a aujourd'hui 54 ans, a grandi auprès d'un père disquaire, qui travaillait notamment à CKAC. « Chez nous, les disques étaient plus nombreux que les livres », dit-il. « Ça nous a donné des ailes. » On imagine un peu la famille de C.R.A.Z.Y., le film qui l'a fait connaître au grand public d'ici et qui est campé solidement dans les années 70 québécoises. 

Dans ce film-là, basé sur le scénario de François Boulay, c'est David Bowie qui marque les ambiances, alors que son film Wild, avec Reese Whiterspoon, est baigné dans les tons musicaux de Leonard Cohen, Simon et Garfunkel et Portishead. Soigneusement ponctuée d'un assemblage aussi charmant qu'éclectique de chansons de PJ Harvey, Martha Wainwright, Elvis Presley ou Otis Redding, la bande sonore de Big Little Lies est devenue, pour sa part, très populaire.

Mais Vallée ne réalisera pas la prochaine série, la suite, du drame californien. Il en sera uniquement producteur exécutif. Il a choisi de laisser le travail à d'autres. Pour une bonne partie de 2018, le réalisateur sera plutôt occupé à ne pas travailler, pour regarder du cinéma, de la télé, des expositions.

« J'ai hâte de retrouver ma vie. »

Et ensuite, en 2019, les projets reprendront, au cinéma. Peut-être au Québec, peut-être aux États-Unis, peut-être en France. Les idées en marche sont nombreuses. « Deux scénarios que j'ai pondus moi-même. » Des romans. Vallée a envie de faire quelque chose avec Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier, qui raconte la dernière expédition de John Franklin à la découverte du passage du Nord-Ouest.

MOEURS DIVERSES

A-t-il une préférence pour un pays où travailler, maintenant qu'il en connaît plusieurs ?

Chacun a sa particularité. Aux États-Unis, raconte-t-il, l'organisation du travail est presque militaire. « On se fait répondre : "Yes, sir." » En France, c'est le royaume de la discussion, de la remise en question. Au Québec, « tout le monde est ton chum ». Et au Royaume-Uni, c'est encore autre chose. Les différences de classe s'expriment sur le plateau. Le réalisateur a droit à son chauffeur, qui vient lui ouvrir la portière de la voiture. « C'est incroyablement poli. »

Mais en fin de compte, explique Vallée, partout demeure cette constante. L'envie de raconter des histoires en images, l'envie de « donner un bon show ». « Ça, partout, on partage ça. »




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