Claude Marquette (1940-2014): le psychiatre des ados

Le psychiatre Claude Marquette était rassembleur et savait... (Photo fournie par la famille)

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Le psychiatre Claude Marquette était rassembleur et savait s'entourer d'une bonne équipe soudée. «Mon père m'a dit qu'en tant que patron, il fallait s'entourer de gens compétents, même plus compétents que toi, pour apprendre d'eux», se rappelle Frédériq Marquette.

Photo fournie par la famille

Florence Tison

Collaboration spéciale

La Presse

Le psychiatre Claude Marquette s'est éteint le 18 mars. Dans les années 70, à une époque où les adolescents hospitalisés étaient souvent mêlés aux adultes ou aux enfants, le docteur Marquette a fait figure de pionnier en créant des unités de traitement dédiées spécialement aux ados.

Né à Montréal en 1940, Claude Marquette a suivi son cours classique au collège Saint-Jean-Vianney de Montréal.

«Les religieux auraient beaucoup aimé en faire un religieux aussi, raconte sa conjointe France Beaudoin. Mais à 15 ans, il a annoncé vouloir être médecin. Il voulait donner quelque chose. Claude n'aimait pas trop le sang; sa famille a vraiment été surprise!»

Après ses études à l'Université de Montréal, Claude Marquette a fait sa résidence à la clinique Tavistock de Londres. À son retour, le jeune psychiatre a formé la première unité de traitement pour les adolescents à l'Institut Philippe-Pinel.

«Mettre une institution comme ça sur pied, c'était un défi majeur, explique son ancien collègue psychiatre Jocelyn Aubut. Les adolescents, c'est bien populaire maintenant, mais dans les années 70, c'était assez audacieux d'aller dans ce domaine-là.»

Claude Marquette s'intéressait particulièrement au suicide et à l'anorexie. À l'Institut Philippe-Pinel comme à l'hôpital Sainte-Justine, il n'a pas ménagé les efforts pour que les jeunes soient bien diagnostiqués et traités.

«Il faut comprendre le caractère assez innovateur et audacieux de faire ça auprès des jeunes à Pinel, observe le docteur Aubut. Aujourd'hui, on entend parler d'anorexie et de suicide chez les jeunes. À l'époque, ce n'était pas très connu.»

Après avoir dirigé l'unité de psychiatrie pour adolescents du Pavillon Albert-Prévost de l'hôpital du Sacré-Coeur, Claude Marquette se joint en 1978 à l'équipe de l'hôpital Sainte-Justine où il fonde le Service psychiatrique de l'adolescence. Il devient en 1987 le directeur du département de psychiatrie de l'hôpital, poste qu'il conserve jusqu'en 2000.

Le psychiatre prend sa retraite en 2010. Son modèle d'unité de traitement psychiatrique pour adolescents a été repris notamment en France. Le professeur de psychiatrie à l'Université de Paris Descartes-Sorbonne Marie Rose Moro qualifie d'ailleurs Claude Marquette de «grand pionnier de la psychiatrie de l'adolescent au niveau mondial.»

Avant d'être un pionnier, Claude Marquette était un médecin qui voulait aider ses patients et améliorer le système hospitalier.

«Il a eu vraiment le souci d'avancement des connaissances et des traitements, tout en gardant une approche humaniste, se souvient Bernard Boileau, son ancien collègue au CHU Sainte-Justine. C'était un rassembleur, et on n'en a pas tant dans le milieu!»

Bon vivant, Claude Marquette avait un faible pour le voilier et la lecture, de même que pour les plaisirs de la table. «En plus de donner autant à l'extérieur, je pense que c'est un homme qui était capable de partager le plaisir des amis,» sourit France Beaudoin.

Claude Marquette laisse dans le deuil sa conjointe France Beaudoin, son fils Frédériq et plusieurs parents et amis.




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