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Yvan-Miville Des Chênes (1946-2014): le dernier voyage d'un vulgarisateur hors pair

Yvan-Miville Des Chênes a été un des fondateurs... (Photo Yan Doublet, archives Le Soleil)

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Yvan-Miville Des Chênes a été un des fondateurs de l'Association des gens de l'air, qui a mené la bataille du français dans le ciel.

Photo Yan Doublet, archives Le Soleil

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Didier Bert

Collaboration spéciale

La Presse

Il avait permis au grand public de comprendre l'actualité aéronautique. Le 19 janvier. Yvan-Miville Des Chênes est décédé à l'âge de 67 ans.

Le natif du quartier de Limoilou à Québec était le fils d'un directeur d'école et d'une mère irlandaise. Yvan-Miville Des Chênes avait fait ses débuts médiatiques en 1976 à l'ancienne station de radio CHRC. Il commentait alors le passage de la comète de Halley dans une émission d'André Arthur... qui, convaincu par ses talents de communicateur, avait décidé d'en faire un de ses chroniqueurs. À l'époque, M.Des Chênes exerçait le métier de contrôleur aérien à l'aéroport de Québec.

Yvan-Miville Des Chênes a été un des fondateurs de l'Association des gens de l'air, qui a mené la bataille du français dans le ciel. «Dans les années 1970, les pilotes et les contrôleurs aériens avaient l'interdiction de parler en français sur les ondes radio», rappelle Pierre Gauthier, président de l'Association des gens de l'air.

Dans les années 1980, l'application aux ondes radio de la loi sur les langues officielles a permis la création de plus de 250 postes de contrôleurs aériens au Québec, affirme Pierre Gauthier. «Et ça a créé un essor du pilotage dans la province, car auparavant il fallait apprendre l'anglais avant de pouvoir apprendre à piloter.»

M. Des Chênes avait à coeur son travail de contrôleur aérien, parfois même en enfreignant les normes établies. Alors qu'un vol médicalisé ramenait d'urgence une enfant dans un état critique vers Québec, en provenance de Chibougamau, l'avion avait connu un problème technique de navigation, ce qui aurait dû l'empêcher de se poser à Québec. Mais M. Des Chênes avait refusé cette fatalité. «Yvan-Miville a offert au pilote de le guider, ce qui a permis de sauver la petite fille, explique M. Gauthier. Il avait été sanctionné à la suite de son initiative.»

Une reconnaissance internationale

Yvan-Miville Des Chênes était réputé dans le milieu de l'aviation internationale. Il avait été chargé de la préparation du trafic aérien pour le Sommet des Amériques à Québec en 2008, et à Trinité-et-Tobago en 2009. «Comme il n'y avait pas de radar aérien à Trinité-et-Tobago, il avait passé trois mois à tout planifier, relate Pierre Gauthier. Il avait prévu les arrivées et les départs, les simulations de sorties d'évacuations, les éventualités d'attaques, en travaillant avec de multiples interlocuteurs, incluant les responsables d'Air Force One, l'avion du président américain Barack Obama.»

Guillaume Gagnon, le directeur général du Spectacle aérien de Québec, se souvient de ses voyages avec lui. «Il connaissait de nombreux pilotes de vols commerciaux. Jusqu'en septembre 2001, on faisait souvent le trajet dans le cockpit», se rappelle M. Gagnon.

Comme directeur des opérations du Spectacle aérien, M. Des Chênes est parvenu à convaincre les plus prestigieuses patrouilles acrobatiques de se produire à Québec, comme les Blue Angels américains ou la Patrouille de France.

Après avoir pris sa retraite de contrôleur aérien en 1996, M. Des Chênes est devenu un des premiers consultants exclusifs de RDI.

Dans les jours qui ont suivi le 11 septembre 2001, il est intervenu à plusieurs reprises sur la chaîne d'information continue pour commenter l'événement, en tandem avec Louis Lemieux, envoyé spécial de RDI à New York.

Les deux hommes se sont régulièrement retrouvés en ondes pour commenter l'actualité aéronautique, comme le dernier vol du Concorde, dans lequel M. Des Chênes avait été invité à prendre place, en 2003, ou la première arrivée du Airbus A380 à Montréal.

«Quand un crash survenait, on pouvait l'appeler à n'importe quelle heure du jour et de la nuit», se rappelle Louis Lemieux. M. Des Chênes donnait des pistes pour comprendre ce qui avait pu se passer, en se basant par exemple sur l'état de l'avion et sur les conditions météorologiques.

Administrateur de l'aéroport Jean-Lesage de Québec durant neuf années, il a initié les autres membres du conseil à la complexité du monde de l'aviation. «Il était tout désigné pour nous aider à comprendre le fonctionnement et la réglementation, souvent difficiles à saisir pour des gens venus d'autres milieux», explique Gaëtan Gagné, le président et chef de la direction d'Aéroport de Québec inc., lui-même issu du monde de l'assurance.

Yvan-Miville Des Chênes laisse derrière lui son épouse Carmen Tardif, leurs deux filles Ann-Miville et Lynn-Miville, et leurs cinq petits-enfants.




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