Gilbert «Gilles» Boulanger (1922-2013): le petit garçon qui voulait voler

Gilles «Gilbert» Boulanger était l'un des derniers vétérans... (Photo fournie par Frédéric Côté, Imacom)

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Gilles «Gilbert» Boulanger était l'un des derniers vétérans de la Deuxième Guerre mondiale.

Photo fournie par Frédéric Côté, Imacom

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Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

À 12 ans, Gilbert Boulanger a vu passer un avion dans le ciel de Montmagny. Pris d'une émotion, il s'est promis d'apprendre à voler un jour. Six ans plus tard, il s'est enrôlé dans l'armée pour réaliser son rêve. Il s'est éteint le 31 décembre 2013, l'un des derniers vétérans de la Seconde Guerre mondiale toujours vivants.

En juin 1940, trop pressé de sillonner les nuages, le jeune Gilbert Boulanger a quitté ses cours de pilotage pour devenir mitrailleur de l'Aviation royale canadienne. Envoyé en Europe 18 mois plus tard, il s'est taillé une place dans l'escadron 425 de l'ARC et a découvert un métier qu'il a lui-même qualifié de terrifiant.

« Gilles n'était pas un militaire dans l'âme, affirme François Trépanier, son ami des 30 dernières années. À ses débuts dans l'armée, il était encore un peu un adolescent. C'est seulement rendu en Europe qu'il a réalisé ce qu'il ferait. À l'aide d'un simple bouton, il avait le contrôle sur 6000 balles qui se répartissaient le ciel. C'est lui qui tirait pour protéger l'avion. Il était seul à l'arrière de l'avion, dans un petit cubicule, sans accès à ses confrères. Il m'a raconté avoir eu extrêmement peur. »

Au terme de 37 missions de bombardement sur l'Italie, la France, la Belgique et l'Allemagne, M. Boulanger est rentré au pays, le 10 mai 1945. Il a été rejoint peu après par sa femme Marie Eileen Rees, une télégraphiste londonienne qu'il avait rencontrée en Angleterre. En 1961, le couple a fondé Voyages Escapades, l'une des plus importantes agences de voyage de l'Estrie.

En 1946, Gilbert Boulanger a obtenu son diplôme de pilote privé, réalisant ainsi le rêve qu'il chérissait depuis tant d'années. « Il a entretenu son rêve d'enfance toute sa vie, souligne son ami. Avec lui, on avait toujours l'impression d'être avec un petit garçon. Il blaguait tout le temps et il avait toujours plein d'histoires à raconter. C'était un homme extraordinaire. »

Même si M. Boulanger avait un penchant pour les anecdotes tirées de son jeune temps, il n'a pratiquement jamais voulu ressasser le passé en participant aux cérémonies organisées en l'honneur des vétérans à Ottawa. Il ne s'est pourtant pas fait prier pour se rendre en Angleterre, où il a été décoré par la reine en personne, à l'été 2012.

Il prévoyait d'ailleurs se rendre à Caen, en 2014, afin de représenter le Canada à l'occasion des fêtes soulignant la libération de la ville en août 1944. « Il aurait profité du voyage pour s'arrêter à l'École Gilbert Boulanger, qui a été rebaptisée en son honneur par les citoyens de Courseulles-sur-mer en Normandie. »

La tête toujours pleine de projet, il suivait avec attention les développements entourant la possible traduction vers l'anglais de ses mémoires de guerre, L'Alouette affolée, qu'il avait écrites presque 50 ans après les événements.

Il aurait eu 92 ans le 3 juin prochain.




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