Roger Fournier (1929-2012): un artiste au destin improbable

Le travail de Roger Fournier a été honoré... (Photo : archives La Presse)

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Le travail de Roger Fournier a été honoré à plusieurs reprises au cours de sa carrière d'écrivain.

Photo : archives La Presse

«Un professeur à l'Université Laval avait dit à Roger qu'il ne serait jamais écrivain», raconte en riant l'auteur-compositeur-interprète Gilles Vigneault, son ami de longue date. De toute évidence, il était dans l'erreur puisque Roger Fournier a signé 22 ouvrages au cours de sa vie!

La critique non plus n'a pas toujours été tendre envers l'artiste mort le 31 mai dernier, à l'âge de 82 ans. Il en a presque perdu le goût d'écrire, avait-il confié en entrevue dans les années 90. Pourtant, son travail a été honoré à plusieurs reprises au cours de sa carrière. En 1977, il a reçu le prix Louis-Barthou de l'Académie française pour son roman Les cornes sacrées. Trois ans plus tard, il recevait le prix Arthur-Buies du Salon du livre de Rimouski. Enfin, en 1982, il a reçu le prix du Gouverneur général et le prix Québec-Paris pour Le cercle des arènes.

La mythologie, le sexe, la mort et l'inceste étaient des thèmes récurrents dans ses d'oeuvres. «Ses livres pouvaient déranger, mais ce n'était pas un auteur à scandale, dit à sa défense sa fille Cassandre Fournier qui juge que son père a été beaucoup mieux traité par la critique en France qu'au Québec. Nul n'est prophète en son pays.»

Roger Fournier a également été réalisateur à Radio-Canada, à Montréal. Il a notamment travaillé à la série télévisée Moi et l'autre et aux émissions culturelles La bande des six et Music Hall. Il a aussi contribué à la création du premier spectacle solo de son ami Gilles Vigneault.

Jeunesse difficile

Ceux qui se souviennent de Roger Fournier le décrivent comme un épicurien doté d'un bon sens de l'humour. «C'était aussi un travailleur acharné», souligne sa fille. Il faut dire que M. Fournier n'a pas eu une jeunesse facile et rien ne le prédestinait à une telle carrière. Né à Saint-Anaclet, dans le Bas-du-Fleuve, dans une famille pauvre de 18 enfants, il a appris tôt à travailler. Le curé de l'endroit, voyant en lui un garçon plein de potentiel, a fait en sorte qu'il puisse fréquenter gratuitement le séminaire de Rimouski. Il n'aurait pu poursuivre ses études autrement. «C'est là que nous nous sommes connus, raconte Gilles Vigneault. Nous écrivions des poèmes, ce qui était mal vu à l'époque, et nous parlions en vers.»

Ensuite, M. Fournier a notamment travaillé comme bûcheron pour payer ses études en lettres à l'Université Laval. M. Vigneault se souvient avec émotion de leurs études à Québec où ils partageaient une petite chambre et un manteau d'hiver qu'ils portaient à tour de rôle! Très pauvres, les deux étudiants n'avaient pas toujours de quoi manger, mais s'amusaient beaucoup. Les funérailles de Roger Fournier auront lieu le 16 juin, à 14 h, au Centre funéraire Côte-des-Neiges, à Montréal.




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