Enquête autochtone: une disparition qui laisse ses marques

Trois des quatre commissaires, Michèle Audette, Qajaq Robinson... (Photo Julien Choquette, collaboration spéciale)

Agrandir

Trois des quatre commissaires, Michèle Audette, Qajaq Robinson et Brian Eyolfson écoutent les témoignages de familles autochtones de la Côte-Nord.

Photo Julien Choquette, collaboration spéciale

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Mani-Utenam) La famille élargie d'Anne-Marie Jourdain, disparue à l'hiver 1957, cherche encore des réponses pour élucider le départ de l'Innue à l'époque âgée dans la vingtaine. Des proches de la jeune maman qu'elle était ont raconté mardi à la Commission d'enquête sur les femmes autochtones assassinées et disparues, les blessures laissées par la perte inexpliquée de l'une des leurs.

Un matin de novembre, la mère de trois enfants en bas âge quitte le domicile pour vérifier les pièges à castor en forêt sur le territoire innu d'Uashat mak Mani-Utenam près de Sept-Îles.

Un garçon de 12 ans, qui n'était pas le sien, l'accompagne.

La tempête frappe. Ils ne rentreront jamais.

La communauté s'est rapidement mobilisée pour tenter de les retracer. L'enfant est finalement retrouvé mort gelé sous un arbre portant les vêtements de Mme Jourdain. Elle, elle ne sera jamais retrouvée. Deux de ses filles et son frère ont relaté leur triste récit. Ils sont persuadés que Mme Jourdain a été assassinée.

La famille a expliqué qu'il y avait un campement de bûcherons dans le secteur. Ces bûcherons auraient refusé aux autochtones d'accéder au camp pour mener leurs recherches alors que des traces de pas menaient jusque là, a indiqué Edmond Jourdain, le frère de la disparue qui a participé à la battue à l'époque. 

M. Jourdain affirme que la famille n'a jamais été rencontrée par les autorités. Deux des trois enfants ont été adoptés par des membres de la communauté et le bébé a été confié à la crèche à Pessamit, près de Baie-Comeau. Malgré le temps qui passe, les blessures des filles de Mme Jourdain sont encore vives. Elles recherchent «la paix dans l'âme».

«J'ai 60 ans aujourd'hui et j'attends encore ma mère. J'aimerais la voir une seule fois», a raconté la benjamine Jeanne d'Arc Vollant. Après maintes recherches pour retracer ses origines, elle a pu retrouver sa soeur, Denise Fontaine, en 1985. «Dans notre famille, il y a un vide. Ça fait mal parce qu'on s'imagine que des scénarios catastrophes», assure Mme Vollant.

«Va-t-on savoir la vérité un jour ? J'ose espérer avant d'être appelée par le créateur».

La commission d'enquête fédérale sur les femmes autochtones assassinées et disparues mène ses travaux dans la communauté innue de Mani-Utenam depuis lundi et jusqu'à vendredi. C'est le premier arrêt de la commission en sol québécois.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer