Autre démission «inquiétante» à l'enquête sur les femmes autochtones

Viviane Michel souligne que Femmes autochtones du Québec et... (Robert Skinner, Archives la Presse)

Agrandir

Viviane Michel souligne que Femmes autochtones du Québec et d'autres organisations qui représentent des membres des Premières Nations sont en droit d'«avoir des réponses» et d'«être rassurés».

Robert Skinner, Archives la Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean Philippe Angers
La Presse Canadienne

La présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ), Viviane Michel, estime qu'il y a lieu de s'inquiéter d'une nouvelle démission au sein de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, et déplore que son organisation n'ait pas encore obtenu de confirmation formelle pour sa participation aux audiences.

Vendredi soir, la directrice générale de l'Enquête nationale, Michèle Moreau, a annoncé sa démission, disant avoir choisi pour des «raisons personnelles» de retourner chez elle à Montréal auprès de sa famille.

Plus tôt en juin, on apprenait le départ de la directrice des opérations, Chantale Courcy, et d'une agente de liaison avec les communautés, Tanya Kappo. Dans le premier cas, la directrice des communications, Bernée Bolton, avait indiqué à Radio-Canada que Mme Courcy, ex-fonctionnaire fédérale, avait «accepté une promotion du gouvernement fédéral le 12 juin».

Aussi, deux autres personnes ont quitté l'équipe des communications depuis février, soit Michael Hutchinson et Sue Montgomery - cette dernière ayant annoncé par la suite son intention de briguer l'investiture du parti Projet Montréal en tant que candidate à la mairie de l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.

En entrevue téléphonique, Mme Michel a fait valoir que son organisation et d'autres groupes qui représentent des membres des Premières Nations sont en droit d'«avoir des réponses» et d'«être rassurés».

«On est tous encore en attente avec l'Enquête nationale. On ne sait pas où est-ce qu'on s'en va, et avec une autre démission, ça nous porte à s'inquiéter en tant qu'organisation. (...) Il y a une lenteur quelque part, il manque beaucoup de réponses par rapport à nos questionnements», a-t-elle fait valoir.

«On a voulu cette enquête, on veut qu'elle fonctionne. Donc on espère qu'elle sera efficace», a ajouté Mme Michel.

Alors que Femmes autochtones du Québec a obtenu le statut de participant à l'enquête provinciale mise en place dans la foulée des allégations d'agression sexuelle sur des femmes autochtones à Val d'Or, l'organisation attend toujours une réponse formelle de l'Enquête nationale.

«On nous dit, oui, oui, mais il n'y a rien de formel», a-t-elle soutenu, disant que les balises auraient dû être établies il y a bien longtemps étant donné les préenquêtes menées avec les familles dans le cadre de l'Enquête nationale.

Mme Michel estime que la commission provinciale - la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec: écoute, réconciliation et progrès - est «très bien structurée». Elle a dit voir une «grosse différence» avec l'enquête fédérale, même si elle reconnaît que les mandats ne sont pas de la même ampleur.

Pour la commission provinciale, un statut de participant a été accordé au début mai à 12 demandeurs, dont Femmes autochtones du Québec, le Grand Conseil des Cris et l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador. Sur le site web de l'Enquête nationale, il est encore inscrit que le délai pour recevoir les demandes de qualité pour agir a été prolongé jusqu'au 1er mai. L'information sur le nombre ou l'identité de participants ne s'y trouve pas.

La conseillère en communications à l'Enquête nationale, Caroline Nepton-Hotte, a indiqué que les audiences avec des membres de familles de victimes ou des survivantes de la violence étaient organisées préalablement à celles qui doivent se tenir avec des groupes ou organismes.

Elle a affirmé avoir vu une liste de groupes dont la participation a été confirmée au Québec, et a dit croire qu'il y avait des communications fréquentes entre les avocats de l'Enquête nationale et des représentants de plusieurs groupes, dont Femmes autochtones du Québec. Elle a toutefois référé La Presse canadienne pour plus de détails à l'avocate pour l'Enquête nationale, Fanny Wylde. Il n'avait pas été possible de joindre Mme Wylde, dimanche.

«Ils se parlent pratiquement toutes les semaines», a soutenu Mme Nepton-Hotte.

Les premières audiences de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées se sont conclues au Yukon il y a environ un mois et ses employés passeront l'été à se préparer aux prochaines audiences à l'automne.

La commissaire en chef de l'Enquête nationale, Marion Buller, avait fait valoir à cette occasion qu'il fallait du temps pour tisser des liens avec les familles, les aînés, les guérisseurs traditionnels et les gens en appui à chaque endroit.

«Certaines familles ont pu témoigner, mais je crois qu'il y a encore un travail pour rétablir la confiance», a dit Mme Michel.

Les commissaires ont commencé officiellement l'Enquête nationale le 1er septembre 2016. Ils sont censés présenter un rapport provisoire d'ici l'automne 2017 et un rapport final d'ici la fin 2018.




publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer