Plan culturel et social: 147 millions pour les Premières Nations et les Inuits

Une rue d'Akwesasne.... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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Une rue d'Akwesasne.

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement Couillard investira 147 millions sur cinq ans dans son premier Plan d'action pour le développement social et culturel des Premières Nations et des Inuits.

Les Autochtones ont bien accueilli ce «premier pas», tout en évoquant la culpabilité des Québécois et en réclamant «des discussions sur le territoire et les ressources». Tous ont appelé le gouvernement fédéral, le grand absent, à jouer un rôle plus actif.

Le premier ministre Philippe Couillard voit dans ce plan un point de départ, puisque des mesures pourront s'ajouter et l'enveloppe sera alors bonifiée.

«Il ne faut plus ignorer, comme cela a été longtemps le cas, les épisodes de détresse vécus par plusieurs communautés et les conditions de vie déplorables qu'on observe encore dans certaines communautés», a-t-il déclaré mercredi dans une longue conférence de presse en compagnie de nombreux représentants des peuples autochtones, au Musée de la civilisation à Québec.

Le gouvernement veut mettre en place de nouveaux services pour les communautés autochtones, notamment: des mesures visant la réussite et la persévérance scolaires, ainsi que des ressources de soutien aux parents;

des mesures d'accompagnement pour les Autochtones dans le système judiciaire et dans les prisons;

le développement des services de sages-femmes;

du soutien aux groupes de femmes pour contrer les violences sexuelles et viser l'égalité des sexes;

des moyens de lutte aux diverses dépendances;

des stratégies de «sécurisation culturelle» dans le réseau de la santé et des services sociaux;

des formations aux fonctionnaires, aux corps policiers et aux intervenants judiciaires sur les particularités judiciaires;

des programmes de soutien aux langues autochtones.

«Est-ce que les 110 mesures vont toutes fonctionner? De toute évidence, non», a admis le ministre délégué aux Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.

Des leaders autochtones ont insisté sur les nombreux problèmes de leurs collectivités et aussi sur la responsabilité des Québécois.

«Quand on croit qu'on n'est pas coupable, on projette l'image d'une société sans culpabilité, (or) ce serait une erreur, a fait savoir le grand chef de Wendake, Konrad Sioui. Le Québec a un devoir envers les Premières Nations.»

Le docteur Stanley Vollant a quant à lui fait état du «racisme systémique» qui règne encore dans le réseau de la santé: des Autochtones sont donc réticents à se rendre à l'hôpital.

De même, «l'insécurité culturelle» se vit au contact du système de justice, où les Autochtones qui occupent des postes sont rares, a-t-il poursuivi.

Le Dr Vollant compte donc sur les mesures de lutte au décrochage scolaire - qui atteint parfois 70 pour cent - pour y remédier, afin que davantage d'étudiants des Premières Nations accèdent à l'université et fassent carrière dans les domaines de la santé et de la justice.

Ce plan est un «premier pas, mais il reste plusieurs pas à faire», a-t-il résumé.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, a pour sa part rappelé qu'inévitablement, au-delà du plan d'action, les enjeux territoriaux et de partage des revenus liés aux ressources naturelles devront être abordés.

«Il y aura des discussions importantes à avoir sur toute la notion du territoire, des ressources, leur exploitation, et sur une participation significative de la part des Premières Nations», a-t-il dit.

Il a aussi réclamé avec insistance la mise sur pied dans les plus brefs délais d'une «table à trois», avec le Québec, les Autochtones et surtout le fédéral, qui est leur fiduciaire, pour s'entendre clairement sur les responsabilités de chacun - et M. Couillard a abondé dans le même sens.

Québec a également annoncé le renouvellement du Fonds d'initiatives autochtones doté d'une enveloppe de 135 millions sur cinq ans qui vise à soutenir des projets économiques et communautaires.

Soulignons qu'au cours des derniers jours, le gouvernement a dévoilé à fond de train plans et mesures, comme s'il égrenait un programme électoral. La semaine dernière, il dévoilait la Politique sur la réussite éducative, et lundi, il faisait connaître son Plan d'action de la politique énergétique 2030.




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