Précarité des jeunes migrants: Ottawa et Québec se font rassurants

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Si certains parviennent à tirer profit des services sociaux ou bénéficient déjà d'un réseau de proches, d'autres se heurtent à la barrière de la langue et parfois à un puissant choc culturel, a déclaré Jean-Nicolas Beuze, de HCR Canada.

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Roxanne Ocampo-Picard
La Presse Canadienne

Tandis que l'organisme Dans la rue constate un nombre grandissant de jeunes nouveaux arrivants en situation précaire, les autorités se font rassurantes quant à l'intégration des immigrants, réfugiés et sans-papiers au Canada.

Réunies vendredi à l'occasion d'une soirée-bénéfice pour l'organisme et son nouveau partenariat avec le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la ministre fédérale du Développement international, Marie-Claude Bibeau, et la ministre provinciale de l'Immigration, Kathleen Weil, ont surtout imputé ces cas «qui tombent entre les mailles du filet» à des traumatismes vécus par certains demandeurs d'asile dans leur pays d'origine.

La ministre Weil dresse un portrait élogieux de la prise en charge des nouveaux arrivants par le gouvernement, puis par le milieu communautaire et la société civile.

En entrevue avec La Presse canadienne, Marie-Claude Bibeau a pour sa part tenu à souligner qu'avec quelque 46 700 réfugiés réinstallés l'an dernier, le Canada n'en accueille qu'un nombre «relativement modeste».

«J'ai été au Liban et en Jordanie où, dans certaines villes, la population a doublé, a-t-elle illustré. Vous imaginez la pression que ça vient mettre sur les services publics?»

Au-delà de la compassion, l'aide humanitaire relève d'un «enjeu de paix et de sécurité mondiale», a avancé la ministre, dont les propres parents avaient accueilli une famille de Vietnamiens à l'époque de la vague de «boat people».

Mme Bibeau rétorque en outre à ceux qui remettent en question l'utilité de l'aide humanitaire que celle-ci permet d'éviter que des conflits prennent de l'ampleur et exacerbent la crise des migrants.

La ministre Weil renchérit qu'il s'agit d'un enjeu qu'il faut approcher «en amont comme en aval».

Quant aux sans-papiers - qu'elle aborde comme un dossier totalement distinct -, Mme Weil assure qu'on ne leur bloque pas totalement l'accès aux réseaux de la santé et de l'éducation.

«Mais c'est un peu normal qu'il y ait des gens qui tombent entre deux chaises», croit-elle.

«Arriver en tant que réfugié dans un nouveau pays est toujours une gageure», fait valoir Jean-Nicolas Beuze, de HCR Canada.

Si certains parviennent à tirer profit des services sociaux ou bénéficient déjà d'un réseau de proches, d'autres se heurtent à la barrière de la langue et parfois à un puissant choc culturel, a-t-il poursuivi.

M. Beuze souligne également la précarité économique de bon nombre de réfugiés, tandis que, globalement, la moitié d'entre eux sont en fait des mineurs.

«Les gens arrivent sans un sou en poche, surtout quand ils se sont déplacés à travers le monde. Ils ont souvent dépensé toutes leurs économies», a ajouté M. Beuze.

Le représentant de HCR au Canada félicite lui aussi le gouvernement québécois pour son système qu'il juge «très solidaire vis-à-vis les nouveaux arrivants».

Dans le cadre du partenariat avec Dans la rue, l'agence onusienne combinera son expertise au soutien psychosocial apporté par l'organisme qui vient en aide aux jeunes en situation d'itinérance ou de précarité. Cette association entre «un organisme qui oeuvre au coin de la rue et un autre, à l'autre bout du monde», dans les mots de Julien Nepveu-Villeneuve, de l'Association du jeune Montréal, vise à améliorer les interventions auprès des nouveaux arrivants, comme les cinquante jeunes qui ont fait appel à Dans la rue l'an dernier seulement.

La directrice générale de Dans la rue, Cécile Arbaud, fait état de la grande complexité des cas de certains jeunes qui ne parlent parfois ni français ni anglais, et qui ne sont pas dotés des papiers d'identité nécessaires pour avoir droit à l'aide sociale ou trouver un logement.




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