L'omerta règne à la Fédération des femmes après le départ de la présidente

Mélanie Sarazin, photographiée le 4 mars 2016.... (OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Mélanie Sarazin, photographiée le 4 mars 2016.

OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

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Caroline Plante
La Presse Canadienne
Québec

L'omerta règne à la Fédération des femmes du Québec (FFQ) après les tensions révélées à la suite du départ de la présidente Mélanie Sarazin et d'une vice-présidente, Myriam Zaidi.

Le conseil d'administration, qui s'est réuni d'urgence jeudi soir pour discuter des problèmes de gouvernance et de financement, s'est fait avare de commentaires, vendredi.

Signe d'un malaise profond, la FFQ n'a pas reçu de candidatures à la présidence, alors que l'échéance pour ce faire était le vendredi 28 avril.

«Nous, on ne fera pas de déclaration publique qui précéderait ce que nos membres pourraient décider», a déclaré la porte-parole Elisabeth Germain à La Presse canadienne.

Même son de cloche de la part d'une autre membre du C.A., Diane Courchesne, qui représente la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). «On est en mode solution», s'est-elle limitée à dire.

La crise à la FFQ couvait depuis un certain temps lorsqu'elle a éclaté au grand jour, mercredi, avec l'annonce du départ de Mme Sarazin.

Celle-ci a informé les membres du C.A. qu'elle démissionnait, par lettre, le 3 mai dernier. Elle a notamment soutenu que la FFQ «reproduit et entretient des modèles et des façons de faire qui contribuent, à mon sens, à maintenir ce contre quoi je lutte quotidiennement et est contraire à qui je suis».

«Mes valeurs comme personne et comme féministe ne se retrouvent plus dans les valeurs organisationnelles de la Fédération», a-t-elle ajouté dans sa lettre.

Mme Sarazin n'a pas donné suite aux demandes d'entrevue de La Presse canadienne. Elle dirigeait la FFQ depuis 2015.

Une deuxième porte-parole du C.A., Dolores Chew du Centre communautaire des femmes sud-asiatiques, a indiqué ne pas comprendre exactement ce qui est reproché à l'organisation. Elle s'est toutefois montrée confiante que la FFQ, qu'elle a qualifiée de «robuste», allait traverser la tempête. D'ailleurs, a-t-elle précisé, tous les groupes connaissent des difficultés à un moment ou un autre.

Mercredi, Mme Courchesne avait attribué la crise interne à un manque de financement. L'organisation a dû récemment supprimer des postes, ce qui a mené, d'après Mme Courchesne, à l'épuisement de celles qui sont restées.

La ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, a affirmé jeudi être venue en aide à la FFQ dans la dernière année à même son budget discrétionnaire.

De 2011 à 2017, le Secrétariat à la Condition féminine (SCF) a versé 129 500 $ à la FFQ, notamment par le programme Soutien aux initiatives de partenariats. Si la subvention a atteint 50 000 $ en 2013-2014, elle est tombée à 0 $ en 2015-2016, pour remonter ensuite à 13 000 $ en 2016-2017.

La mission globale de la FFQ est financée par le Secrétariat à l'action communautaire et aux initiatives sociales (SACAIS), qui relève du ministère du Travail. Son financement s'est maintenu au cours des cinq dernières années.

L'organisation féministe semblait remonter la pente notamment grâce à une campagne soutenue auprès de ses membres, dont les centrales syndicales. «Nous comme gouvernement, c'est sûr qu'on la supporte financièrement», a dit la ministre.

La FFQ, qui existe depuis 50 ans, tiendra son assemblée générale annuelle les 27 et 28 mai à Montréal.

Les règles en vigueur veulent qu'une élection ait lieu dans les cinq mois qui suivront l'assemblée générale, c'est-à-dire à la fin d'octobre.




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