Inondations: la situation semble s'améliorer

En Mauricie, où les météorologues annonçaient plusieurs millimètres... (Archives La Presse)

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En Mauricie, où les météorologues annonçaient plusieurs millimètres de pluie pour une région déjà très affectée, les prévisions semblent plus clémentes. Sur cette photo, un terrain inondé à Louiseville.

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Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne

L'état des inondations au Québec semble s'améliorer, mais le gouvernement Couillard reste aux aguets. L'importante crue printanière commence à se retirer dans l'ouest de la province et les prévisions sont plus optimistes pour la Mauricie, où la situation demeure tout de même difficile.

L'état des inondations au Québec semble s'améliorer, mais le gouvernement Couillard reste aux aguets. L'importante crue printanière commence à se retirer dans l'ouest de la province et les prévisions sont plus optimistes pour la Mauricie, où la situation demeure tout de même difficile.

«On va pousser un soupir de soulagement rendu à lundi si on n'a pas eu de pluie massive et de débordement important. D'ici là, on se croise les doigts», a déclaré le premier ministre Philippe Couillard en marge d'un événement à Montréal.

Les autorités - dont le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, et le ministre de l'Environnement, David Heurtel - avaient des nouvelles relativement positives pour les milliers de sinistrés, vendredi matin.

«Dans cette tragédie, on est toujours heureux quand on peut annoncer quelque chose qui nous amène un certain élan d'optimisme», a déclaré d'entrée de jeu le ministre Coiteux.

Vendredi après-midi, 187 municipalités étaient touchées, 4485 résidences inondées et 3641 personnes avaient été évacuées. De plus, 552 routes étaient affectées.

Urgence Québec faisait toutefois état, en soirée, de 175 municipalités touchées, de 4701 résidences inondées et de 3894 personnes évacuées. On indiquait par ailleurs, dans cette mise à jour, que 532 routes étaient toujours en proie à la crue des eaux.

Dans certaines régions, les citoyens ont commencé à réintégrer leur domicile, selon le ministre Coiteux.

À l'ouest de la province, «un retour à la normale» s'amorce, a indiqué M. Coiteux - le débit et l'eau ont commencé à baisser dans la rivière des Outaouais, dans la région de Gatineau.

Le débit, qui avait atteint un sommet de 8900 mètres cubes par seconde, a diminué de 1500 mètres cubes, a indiqué le ministre Heurtel.

Dans les régions de Montréal et Laval, le débit a aussi ralenti dans la rivière des Prairies et la rivière des Mille-Îles. Le lac des Deux-Montagnes a commencé à se retrancher et les autorités y ont noté une baisse de 30 centimètres du niveau d'eau depuis dimanche.

Le débit dans les Grands Lacs a légèrement augmenté, mais le ministre Heurtel a souligné que cela ne devrait pas se traduire par une hausse du niveau dans le lac Saint-Louis.

Mauricie

En Mauricie, où les météorologues annonçaient plusieurs dizaines de millimètres de pluie pour une région déjà très affectée, les prévisions semblent plus clémentes.

Il devrait s'abattre 20 à 25 millimètres de pluie d'ici lundi, et les vents devraient être moins puissants que prévu. Le niveau du lac Saint-Pierre devrait tout de même augmenter. Des équipes d'Hydro-Québec sont à pied d'oeuvre dans les environs de la rivière Saint-Maurice pour s'assurer de contrôler le débit.

«La zone où on porte particulièrement intérêt, c'est évidemment la route 155 au niveau de la chute où encore une fois on va avoir des débits importants qui vont faire en sorte qu'on a des jours difficiles devant nous», a précisé M. Heurtel.

Le niveau de l'eau devrait commencer à diminuer mercredi dans cette région.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a demandé aux citoyens de demeurer patients puisque «même si on commence à voir l'asphalte», l'eau fait encore pression sur certaines digues et il reste un travail important de rétablissement.

«On est dans une phase où on peut réintégrer les maisons, il va déjà y avoir un choc à ce niveau-là. Il faut qu'il y ait une inspection au préalable. Évidemment, il y a toute la réalité de l'électricité, on ne veut pas que les gens soient victimes d'électrocution», a-t-il expliqué.

M. Coderre, qui recevra la visite du ministre de la Défense, Harjit Sajjan, vendredi après-midi, a indiqué que les élus montréalais se prononceraient sur une éventuelle levée de l'état d'urgence samedi.

En Montérégie, à Rigaud, une ville qui a été au centre du désastre, le maire Hans Gruenwald fils a fait état d'un retrait des eaux, mais a offert la même mise en garde que M. Coderre.

«Tu ne peux pas juste vider l'intérieur (des maisons); les murs, ça va tomber. On ne peut pas faire n'importe quoi», a-t-il expliqué. «Il va avoir des (examens) importants à faire: les puits, les fosses septiques», a-t-il ajouté.

Hydro Québec a d'ailleurs diffusé un communiqué, vendredi, pour informer les sinistrés des précautions à prendre avant de réutiliser leurs appareils électriques. Les abonnés en question doivent contacter Hydro-Québec pour leur faire part de leur situation. De plus, tous les dispositifs électriques qui ont été en contact avec l'eau doivent être inspectés par un maître électricien avant d'être remis sous tension.

Indemnités et aménagement

Le gouvernement Couillard est d'ailleurs en train de revoir «à la hausse» les montants d'indemnisation qui seront versés aux citoyens, a ajouté le ministre. À l'heure actuelle, 1,5 million $ a été versé en indemnités aux sinistrés.

«Il y a des chiffres qui doivent être actualisés. Il y a des maximums qui doivent être réévalués à la hausse», a soutenu M. Coiteux.

À long terme, le gouvernement entend réfléchir sur la façon de concevoir les villes, qui pourraient subir de plus en plus de catastrophes de cette ampleur avec l'avènement des changements climatiques, a affirmé M. Heurtel.

Selon lui, les lois actuelles n'ont pas encore «intégré» le facteur des changements climatiques et méritent donc d'être réexaminées.

«(Il faut) regarder l'ensemble de la situation: comment on gère nos bassins versants, nos cours d'eau, les différents intrants qui vont dans la gestion des extrêmes météo», a-t-il expliqué.

Implication des autres municipalités

Par ailleurs, le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Bernard Sévigny, était présent à la conférence de presse pour annoncer le lancement d'une initiative pour mobiliser les municipalités qui ne sont pas affectées par la catastrophe pour qu'elles prêtent main-forte aux autres.

Les villes fourniraient des ressources humaines et techniques, puis de l'équipement aux régions dans le besoin.

«Lors de la prochaine baisse du niveau d'eau, il y a du gros travail à faire et on va y être», a assuré M. Sévigny.

Un tel appel de «solidarité municipale» avait été fait en 1996, lors des inondations au Saguenay, et en 1998 pour la crise du verglas.

«La force de frappe de l'Union des municipalités du Québec, c'est 75 000 des 80 000 employés municipaux, et collectivement on est persuadés qu'on peut faire la différence dans cette phase qui s'amorce», a ajouté M. Sévigny.




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