Inondations: le pire est à venir en Mauricie

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Un véhicule blindé des Forces armées s'est embourbé en allant livrer des sacs de sable aux citoyens de Yamachiche.

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Alors que les sinistrés de l'ouest du Québec se réjouissent de voir l'eau se retirer lentement, la Mauricie se prépare au pire : le niveau du lac Saint-Pierre devrait encore augmenter dans les prochains jours. Pluies importantes, fonte de la neige dans le nord et marée de pleine lune : tous les facteurs se conjugueront pour faire durer le calvaire des victimes des inondations dans la région, prévoient les autorités.

Le ministre de l'Environnement David Heurtel (à droite) a livré... (Photo Alain Roberge, La Presse) - image 1.0

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Le ministre de l'Environnement David Heurtel (à droite) a livré un sombre pronostic pour la région de la Mauricie, hier. Sur les rives du lac Saint-Pierre, « les niveaux vont augmenter », a-t-il indiqué, évoquant une hausse « significative de plusieurs centimètres ».

Photo Alain Roberge, La Presse

LOUISEVILLE

À Louiseville, Robert Chaput s'inquiète : la petite muraille devant sa porte de garage tient bien, mais les eaux s'approchent dangereusement de sa porte-fenêtre - et du plancher de sa cuisine par la même occasion. Normalement, les flots sont une bonne dizaine de pieds en contrebas.

« On est au sec pour l'instant, mais là, ça monte », se désole-t-il, avant de blaguer sur sa nouvelle vue sur l'eau à 360 degrés. « Ils me font peur un peu. Ils parlent de 20 à 30 centimètres de hausse. C'est un pied, ça ! [...] Il faut surtout pas que ça bouge. » Et la fatigue s'installe : « Ça fait cinq semaines, ça commence à être long. »

Tout près, un rat musqué patauge.

Toujours à Louiseville, Louis Arsenault reçoit des sacs de sable de l'équipe du bombardier-chef Anick Vallières, du 5e Régiment d'artillerie légère du Canada. Le gros véhicule blindé des militaires s'est transformé en camion de livraison, avec des sacs de sable posés partout sur le toit. Les sinistrés qui n'ont pas encore baissé les bras rehaussent leurs digues pendant qu'il en est encore temps.

PRÉVISIONS PESSIMISTES

En matinée, c'est le ministre de l'Environnement David Heurtel qui a livré le sombre pronostic pour la région. Sur les rives du lac Saint-Pierre, « les niveaux vont augmenter », a-t-il indiqué, évoquant une hausse « significative de plusieurs centimètres ». « Il y a plusieurs facteurs importants : les marées en hausse jusqu'à [demain], les précipitations et encore une fois la neige », a continué le ministre. L'hiver dernier a fait tomber l'équivalent « d'un hiver et demi » de neige dans le nord du Québec, a-t-il rappelé.

Les efforts des militaires ont donc été concentrés dans la région. Un gigantesque hélicoptère Chinook a livré des sacs de sable à Berthierville pour alimenter les municipalités voisines.

ÉTAT D'URGENCE À YAMACHICHE

À Yamachiche, sur les petites routes d'accès au chemin Louis-Gatineau, on marche dans quatre pieds d'eau pour accéder aux résidences sises en bordure du lac Saint-Pierre. Les pompiers et l'armée utilisent un quai de plongée sous-marine équipé d'un petit moteur à essence pour transporter des sacs de sable.

Kathleen Blais-Parent et son conjoint se sont fait construire une maison l'an dernier. Elle est maintenant entourée d'eau et le garage est complètement inondé. Mme Blais-Parent se résigne devant les prévisions de crue du lac Saint-Pierre. « On n'a pas le choix », dit-elle. Elle a quitté la maison depuis une dizaine de jours. Son frère, qui a une résidence tout près, semble aussi avoir baissé les bras et accepté son sort.

Sur le petit chemin, une pancarte « À vendre » flotte. À une cinquantaine de mètres, un réservoir d'huile l'imite. Partout, on voit des déchets repoussés par l'eau.

Le maire Michel Isabelle a déclaré l'état d'urgence dans sa municipalité pour être prêt à affronter une crue du lac Saint-Pierre. « C'est pas une crainte, c'est quasiment une certitude. Il s'agit de savoir de combien », explique-t-il à La Presse. « Toute augmentation amène son lot d'incertitudes. »

Juste avant, Claude et Carmen Gélinas quittaient leur résidence riveraine en apportant le contenu de leur réfrigérateur dans une petite chaloupe de bois peinte d'un bleu vif. Pierre-Luc Bourassa, lui, faisait le chemin inverse en kayak avec son petit chien Arthur pour aller monter la garde à la maison paternelle. « Les vagues sont venues frapper sur la maison, dans les fenêtres, a-t-il dit. On va aller voir si on a besoin de sacs de sable ou pas. »

SAINT-BARTHÉLEMY

À Saint-Barthélemy, dans Lanaudière, on est habitués aux inondations. Mais celles de cette année sont particulièrement impressionnantes. « Parfois ça montait, mais pas autant, explique Linda Leclerc. J'ai fait remplir la cave de sable en 2015. Quatre pieds de sable. [...] Mais là l'eau est rendue par-dessus le sable. »

Deux maisons plus loin, les soeurs Mariette et Louisette Gervais ne sont pas encore impressionnées. Elles se souviennent de la grande crue de 1976 en raclant les débris que l'eau a repoussés sur le terrain.




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