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Service du renseignement canadien: le directeur tire sa révérence

Michel Coulombe, directeur du Service canadien de renseignement... (Photo Adrian Wyld, archives La Presse canadienne)

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Michel Coulombe, directeur du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS), partira à la retraite au terme d'une longue carrière presque toute menée dans l'ombre.

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Trois jours après l'annonce de la retraite du chef de la GRC, le gouvernement Trudeau doit composer avec l'annonce du départ d'un autre acteur névralgique en matière de sécurité nationale : La Presse a appris de sources sûres que le directeur des services secrets canadiens avait décidé de céder sa place d'ici cet été.

Michel Coulombe, directeur du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS), en a fait l'annonce à ses employés jeudi, selon nos informations. Il part à la retraite au terme d'une longue carrière presque toute menée dans l'ombre.

Diplômé en génie physique de l'École Polytechnique de Montréal, M. Coulombe avait travaillé quelques années comme policier avant d'entrer au SCRS en 1986.

Lorsque le gouvernement conservateur de Stephen Harper l'a nommé à son poste en 2013, il est devenu le premier directeur à avoir commencé au bas de l'échelle comme agent et à s'être hissé jusqu'au sommet de l'organisation, qui compte 3200 employés et dispose d'un budget de plus de 500 millions par année pour surveiller les terroristes, les espions, l'ingérence des puissances étrangères et la prolifération des armes de destruction massive.

« Quand il a été nommé, il nous a dit que c'était la preuve que nous faisions du meilleur travail qu'avant. Parce qu'autrefois, le gouvernement n'aurait jamais eu assez confiance pour nommer quelqu'un de l'interne. Il a abattu beaucoup de barrières, et nous, les francophones, on était contents de voir qu'il montait », avait confié un ancien agent du SCRS, Dave Chartrand, en entrevue à La Presse en 2015.

Des années d'insomnie

Dans ses interventions publiques ces dernières années, M. Coulombe s'est toujours montré préoccupé par la menace terroriste. « Je fais de l'insomnie depuis 27 ans », a-t-il déclaré devant un comité sénatorial en 2014, au sujet de « la radicalisation des jeunes Canadiens, qui ensuite planifient de poser des actes ici ».

« Il s'agit là assurément d'un des phénomènes qui me tracassent au point de troubler mon sommeil », a-t-il expliqué.

Comme directeur, il avait fait des démarches qui ont trouvé écho dans la Loi antiterroriste de 2015, laquelle a donné de nouveaux pouvoirs au SCRS, en lui permettant de sortir de son simple rôle de collecteur de renseignements pour intervenir directement et afin de faire échouer des projets d'attentats, par exemple en bloquant une transaction financière ou en annulant un billet d'avion.

La loi avait été adoptée par le gouvernement Harper avec l'appui du Parti libéral, qui avait toutefois promis d'y apporter des modifications substantielles s'il était porté au pouvoir, parce qu'il jugeait que les mécanismes de contrôle pour protéger les libertés individuelles n'y étaient pas assez forts. Le gouvernement Trudeau n'a toutefois pas agi en ce sens depuis son élection.

Aucune information n'a filtré à ce jour quant à un potentiel successeur au poste de directeur du SCRS.

Lundi dernier, le commissaire de la GRC, Bob Paulson, avait lui aussi annoncé qu'il tirerait sa révérence le 30 juin prochain, au terme de 39 années de service, dont 32 dans la GRC et cinq et demie à titre de grand patron de l'organisation.

- Avec la collaboration de William Leclerc




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