Marijuana médicale: les trois quarts des vétérans consomment plus de 3g

Près des trois quarts des vétérans dont la marijuana médicinale est remboursée... (photo Archives La Tribune)

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Lee Berthiaume
La Presse Canadienne
OTTAWA

Près des trois quarts des vétérans dont la marijuana médicinale est remboursée par le gouvernement fédéral consomment plus de trois grammes par jour, alors qu'un sur trois reçoit la quantité maximale allouée de dix grammes par jour.

Un audit interne du ministère des Anciens Combattants indique que 74 pour cent des vétérans qui profitent du programme de remboursement de la marijuana médicinale consomment au-delà de trois grammes de la substance au quotidien, ce qui dépasse donc le nouveau seuil que le fédéral souhaite imposer à compter de mai.

La limite actuelle est de dix grammes.

Ces statistiques soulèvent de vastes questions quant à l'usage du cannabis médicinal par les vétérans canadiens et remettent en doute les arguments selon lesquels cette substance réduirait la consommation d'antidouleurs et d'autres médicaments qui peuvent créer une dépendance.

La publication de ce rapport sur le site du ministère des Anciens Combattants survient alors qu'Ottawa se prépare à resserrer les règles entourant la marijuana médicinale pour les vétérans. Le fédéral entend notamment faire passer la limite quotidienne de cannabis qui sera remboursée de dix à trois grammes.

Le gouvernement justifie sa décision par les coûts exorbitants qu'engendre le programme de remboursement et le manque de preuves scientifiques démontrant les effets bénéfiques de la marijuana médicinale.

La révision à la baisse de la quantité remboursée touchera, selon l'audit interne, des centaines de vétérans.

Plusieurs se demandent sur quels facteurs s'est appuyé Ottawa pour revoir la quantité limite à trois grammes par jour et s'inquiètent de l'effet qu'aura une telle mesure sur les vétérans qui auraient besoin d'une dose supérieure, étant donné leurs symptômes physiques et mentaux.

Le ministère des Anciens Combattants rembourse le cannabis médicinal auquel ont recours les vétérans depuis 2008. Un tribunal avait statué que ceux-ci devaient avoir un accès raisonnable à la marijuana médicinale quand cette consommation était autorisée par un professionnel de la santé.

Le nombre de bénéficiaires du programme et les coûts qui y sont associés ont explosé depuis 2014, lorsque Santé Canada avait apporté des changements à ses réglementations et que le ministère des Anciens Combattants avait revu sa politique pour que celle-ci autorise jusqu'à dix grammes de marijuana médicinale par jour.

Selon l'audit, plus de 1700 ex-soldats blessés bénéficiaient du programme de remboursement d'Ottawa à la fin mars. Seulement 26 pour cent d'entre eux recevaient trois grammes au quotidien.

Les auteurs du rapport relèvent par ailleurs que des centaines de vétérans ont commencé à consommer de huit à dix grammes par jour dès le début de leur inscription au programme d'Ottawa.

Des entretiens avec des intervenants de première ligne révèlent toutefois que plusieurs vétérans se contentant d'un et deux grammes se portent bien quand ils consomment «aux moments appropriés».

Le débat autour de la quantité de marijuana médicinale nécessaire pour les vétérans a été ravivé en novembre, alors que le ministre des Anciens Combattants, Kent Hehr, annonçait qu'il ferait passer la limite quotidienne remboursable de dix à trois grammes.

Cette décision survenait alors que des statistiques nouvellement dévoilées indiquaient que les dépenses associées au programme de remboursement étaient passées de 408 000 $, en 2013-2014, à plus de 20 millions $, l'an dernier.

Une porte-parole du ministre Hehr a fait valoir, mardi, que la décision du ministère avait été prise en marge d'un vaste exercice de consultation et à la suite d'une analyse des recherches existantes.

«La santé et le bien-être des vétérans et de leurs familles est au coeur de cette politique», a soutenu Sarah McMaster.

Les vétérans qui doivent consommer plus de trois grammes par jour pourront faire la demande auprès du ministère pour obtenir une exemption, à condition qu'ils joignent à leur requête la note d'un spécialiste médical.




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