Incendies dans les réserves: pas de registres depuis 2011

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Une maison détruite par le feu dans une réserve de St. Theresa Point, au Manitoba, en janvier 2011.

Archives, La Presse canadienne

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le gouvernement fédéral ne sait pas combien de membres de communautés autochtones ont perdu la vie dans des incendies au cours des dernières années puisqu'il ne collige plus ces données, a indiqué la ministre des Affaires autochtones Carolyn Bennett, vendredi.

La collecte de ces données a cessé, il y a six ans, afin d'alléger «le fardeau rapporté» par les communautés des Premières Nations, a ajouté la ministre.

Elle a formulé ce commentaire par écrit en réponse à plusieurs questions soulevées récemment au Parlement, dans la foulée d'un incendie qui aurait tué quatre jeunes enfants et leur père dans une réserve située près de London, dans le sud de l'Ontario, jeudi.

Le chef de la nation des Oneidas de la Thames, Randall Phillips, a vilipendé le gouvernement fédéral pour son refus d'accorder un soutien financier pour la rénovation de 50 maisons.

Le leader autochtone a fait valoir que la maison à deux étages qui a pris feu était vieille et «pratiquement embrasée» avant même que l'incendie ne se déclenche.

Dans sa réponse écrite, le ministre Bennett relève que 2010 a été la dernière année au cours de laquelle le nombre de morts dans des incendies survenus sur des réserves a été répertorié.

Elle a indiqué que des changements apportés en 2011 «comprennent une élimination de l'outil avec lequel les Premières Nations rapportaient ce type d'information».

Elle a toutefois laissé entendre que certaines communautés ont peut-être continué à tenir de tels registres jusqu'en 2013, puisque le changement a pris un certain temps à être mis en application.

Ces informations colligées tardivement «n'ont ni été analysées ni publiées et elles sont incomplètes», a-t-elle précisé.

Mme Bennett a en outre assuré que son ministère travaillera avec ses partenaires - notamment l'Association des pompiers autochtones du Canada - «sur des nouvelles façons de faire face aux interruptions de données liées à des incendies sur les réserves».

«Toutes les options sont sur la table pour générer (ces) données, afin que nous puissions nous assurer que les bons programmes et politiques sont en place pour garder en sécurité les communautés des Premières Nations.»

Elle a relevé que son ministère injecte 27 millions $ par année pour les services de protection contre les incendies, notamment pour la prévention et l'extinction.

Plus tôt cette année, un incendie survenu dans une communauté retirée de l'Ontario, Pikangikum, a fait neuf morts, dont un bébé de cinq mois.

Le chef Isadore Day avait mis en cause les piètres conditions de vie qui sévissent dans sa communauté.

Selon un rapport interne du gouvernement fédéral daté de 2011, et dont La Presse canadienne a obtenu une copie plus tôt cette année, les résidants des réserves sont 10 fois plus susceptibles de mourir dans une maison en flammes que ceux qui vivent à l'exérieur de ces territoires.

Cette même étude - qui devait examiner les couvertures d'assurance des Premières Nations - a conclu que près de la moitié des communautés autochtones canadiennes ne bénéficiait d'aucune ou d'une faible protection. Certaines localités disposaient de pompiers bénévoles très peu formés, notait-on.




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