Plan d'action contre l'itinérance: des groupes dénoncent le manque de moyens

Deux ans après l'adoption du plan d'action interministériel en matière... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Deux ans après l'adoption du plan d'action interministériel en matière d'itinérance, des groupes concernés se plaignent du manque de volonté politique pour le déployer et du manque de moyens dont il dispose.

Quelques-uns de ces groupes ont rencontré la presse, mercredi à Montréal, pour faire le point sur le déploiement de ce Plan d'action interministériel en itinérance 2015-2020.

D'abord, ils déplorent que le plan ait été mis en oeuvre de façon inégale selon la région. Dans certains cas, les ministères visés ont effectivement rencontré des groupes communautaires de leur région et ont commencé à travailler de concert. Mais dans bien des cas, le tout a traîné et traîné, ce qui fait que le plan n'a guère été déployé.

Ensuite, ces groupes déplorent le fait que cette politique de lutte contre l'itinérance ait été contrée par d'autres mesures gouvernementales, comme l'adoption d'une réforme de l'aide sociale qui permet de réduire le chèque versé aux premiers demandeurs de prestations.

Mais surtout, ces groupes dénoncent le manque de moyens pour véritablement lutter contre l'itinérance, qu'il s'agisse de mesures touchant le logement social ou les services sociaux, par exemple.

Ainsi, le gouvernement a réduit de 3000 à 1500 le nombre d'unités de logements sociaux construits par année - ce qui est nettement insuffisant, selon ces groupes.

La Ville de Montréal trouve toutefois grâce à leurs yeux, puisque celle-ci a au moins investi dans certaines mesures.

«Ils ont pratiquement »scrappé« tout ce qui est social. L'accueil psychosocial, il n'y en a plus; ils l'ont »scrappé«. Là, ils réinvestissent où? Dans les urgences, pour sortir les gens des corridors et les mettre dans des chambres pour ne pas qu'on les voie. C'est ça leur solution pour régler un problème criant», a tonné André Couillard, directeur de la Maison d'hébergement de dépannage Valleyfield.

«Les gens, plus on va attendre pour les soutenir dans leurs problèmes psychologiques - psychiatriques dans certains cas - ou de dépendance, tant qu'on ne les soutiendra pas au niveau d'un réseau social coordonné et intelligent, ça va augmenter encore plus la pression sur les autres parties de la tuyauterie du ministère de la Santé», a ajouté M. Couillard.

Réplique de la ministre

Au cours d'une entrevue, la ministre responsable du dossier, Lucie Charlebois, a dit trouver injustes ces reproches des groupes communautaires.

«Je ne peux pas dire que tout est parfait; oui, il y a encore du travail à faire et je continue de travailler. Mais je ne peux accepter qu'on continue de dénigrer le plan d'action, qui découle directement d'une politique des péquistes», a protesté la ministre Charlebois.

La ministre a noté que 8,1 millions avaient été investis pour aider les personnes en situation d'itinérance, une somme à laquelle ont été ajoutés 4,6 millions récurrents. «On se trouve avec tout près de 13 millions qui sont toujours investis pour prévenir et contrer l'itinérance, année après année» dans le cadre du plan 2015-2020, a-t-elle répliqué.

«On travaille fort. Je continue d'être leur partenaire malgré tout. On investit là-dedans. On a augmenté les budgets», a objecté Mme Charlebois.

Comme ils l'avaient fait lors de leur récente grève de trois jours, ces groupes communautaires ont raconté qu'ils font face à des demandes grandissantes, notamment à cause des restrictions budgétaires dans les services sociaux. Ils se retrouvent ainsi avec plus de demandes d'aide, moins de paniers de Noël à distribuer, moins de personnel pour aider, etc. Et ils disent souffrir d'un sous-financement chronique.

La dernière réforme de l'aide sociale va encore empirer les choses, prévient Tristan Ouimet-Savard, du Regroupement des auberges du coeur du Québec. Le chèque mensuel de 623 $ pourra être amputé jusqu'à 399 $ pour les premiers demandeurs qui refuseraient de participer aux mesures d'employabilité proposées.

Ces groupes invitent donc la ministre Charlebois (ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie), à faire pression sur ses collègues pour qu'ils prennent plus au sérieux la question de l'itinérance et travaillent véritablement à la contrer.

À Montréal

Pendant ce temps, à Montréal, le maire Denis Coderre a fait le point sur plusieurs mesures qui avaient déjà été annoncées dans son plan 2014-2017.

Parmi celles-ci, on compte l'ajout de 500 logements, chambres ou studios dans 23 projets d'habitation sociale pour des personnes sans-abri; un investissement de 1,5 million pour soutenir une quinzaine de centres de jour, un investissement de 1,2 million dans une douzaine de projets de réinsertion sociale.

De même, un portrait de l'itinérance à Montréal a déjà été brossé. Et de 200 à 300 personnes ont entrepris une démarche de réinsertion qui a permis d'atténuer leurs problèmes avec la justice.




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