Pas de déclassification du AR-15, tranche Ottawa

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Une arme d'assaut AR-15

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le gouvernement Trudeau a officiellement dit non aux signataires d'une pétition qui réclamait la déclassification d'un fusil d'assaut semblable à celui qui a été utilisé dans la tuerie d'Orlando.

Les 25 249 Canadiens qui ont apposé leur nom sur cette pétition parrainée par le député conservateur Bob Zimmer souhaitaient que l'arme puisse être utilisée légalement pour la chasse.

Plaidant que l'AR-15 «est désignée arme à autorisation restreinte pour des raisons cosmétiques, non pas parce qu'elle est plus dangereuse que d'autres», ils demandaient au ministre de la Sécurité publique de la désigner à nouveau comme arme sans restriction.

La réponse officielle du ministre Ralph Goodale - qui avait déjà affiché ses couleurs - a été sans équivoque.

«Le gouvernement n'a aucune intention d'utiliser l'article 117.15 du Code criminel pour changer la classification de l'arme à feu AR-15», a-t-il tranché dans sa réponse déposée mercredi auprès du greffier par intérim de la Chambre.

«L'arme à feu AR-15 est classifiée à autorisation restreinte en raison du lignage entre celle-ci et l'arme d'assaut de type militaire M-16», a-t-il noté.

Le ministre Goodale a par ailleurs assuré que le gouvernement de Justin Trudeau était «résolu à remettre le pouvoir de décision quant à la classification des armes à la police et non aux politiciens».

En campagne électorale, les libéraux ont promis d'annuler certaines dispositions du projet de loi C-42, adopté sous le précédent gouvernement conservateur, qui donnait au conseil des ministres un mot à dire sur la classification des armes. Cela n'a pas encore été fait.

Mais «dans l'intérim, le gouvernement a respecté l'engagement qui est dans la plateforme en n'intervenant pas dans les décisions de classification faites par la Gendarmerie royale du Canada», a expliqué dans un courriel Scott Bardsley, l'attaché de presse de M. Goodale.

La pétition à laquelle le ministre a répondu mercredi avait été déposée le 13 mai, soit avant le massacre d'Orlando. Le drame survenu le 12 juin avait cependant attiré l'attention des journalistes sur son existence.

Le dépôt de cette pétition, qui a été signée par 2277 Québécois, avait été qualifié d'«erreur monumentale» par le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair.

Son parrain conservateur avait plaidé dans une déclaration écrite qu'il était de son devoir, en tant que député, de «s'assurer que les voix de tous les Canadiens soient entendues au Parlement».

Selon le député Zimmer, l'objectif de cette pétition n'était pas de faciliter l'accès aux armes à feu.

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