L'Église anglicane du Canada accepte finalement le mariage gai

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La résolution doit encore être approuvée par le prochain Synode général, en 2019, avant d'être inscrite formellement dans les règles de l'Église anglicane du Canada.

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Colin Perkel
La Presse Canadienne
Toronto

Revirement inattendu, mardi, aux instances de l'Église anglicane du Canada: les mariages entre conjoints de même sexe, rejetés lundi soir par une seule voix, ont finalement été acceptés mardi - par cette même voix.

Pour être adoptée en Synode général, plus importante instance de l'Église anglicane du Canada, la résolution devait obtenir les deux tiers des appuis dans chaque catégorie de délégués: les laïcs, les membres du clergé et les évêques. Or, le vote chez les membres du clergé avait raté la cible par une seule voix, lundi soir, même si l'appui général, toutes catégories confondues, a atteint environ 68 %.

Mais mardi, au dernier jour du Synode, des délégués ont demandé à consulter les résultats écrits du vote de lundi soir. Certains ont alors constaté que la voix du clergé qui avait sonné le glas de la résolution aurait dû être comptabilisée chez les laïcs. L'archevêque Fred Hiltz, primat de l'Église anglicane du Canada, a alors annoncé que la résolution était finalement adoptée.

La résolution doit encore être approuvée par le prochain Synode général, en 2019, avant d'être inscrite formellement dans les règles de l'Église anglicane du Canada.

Mais déjà lundi soir, lors de l'annonce du rejet de la résolution, plusieurs évêques avaient affirmé qu'ils béniraient malgré tout de telles unions. Les partisans du mariage gai s'accrochaient à une déclaration des autorités du Synode général, qui précise que le droit canon n'interdit pas nommément la consécration des mariages pour les conjoints de même sexe.

L'évêque d'Ottawa, John Chapman, avait ainsi prévenu qu'il avait bien l'intention de célébrer immédiatement de tels mariages - même s'il ne forcerait aucun pasteur de son diocèse à présider de telles cérémonies.

Le Synode général se réunissait jusqu'à mardi dans le nord de Toronto pour discuter notamment de ce délicat dossier, qui a donné lieu à des discussions orageuses au sein des délégués. Le primat Hiltz a même dû lancer un appel au calme devant des allégations d'intimidation.

Le résultat extrêmement serré de lundi soir avait semé la consternation au sein des délégués. Certains pleuraient, d'autres se consolaient en se serrant dans leurs bras. L'archevêque Hiltz admettait plus tôt mardi, avant le renversement du vote, que de «profondes divergences d'opinions» persistaient au sein de l'Église anglicane du Canada, et soutenait que le débat n'était pas clos. «Notre travail (sur cette question) n'est pas terminé. Il ne suffit pas de dire que la résolution a été débattue.»

Si certains craignaient que le rejet de la résolution puisse provoquer un «schisme» et l'exode de fidèles, d'autres croyaient que l'Église anglicane canadienne resserrerait les rangs après ce débat houleux au cours duquel on a entendu des qualificatifs comme «abomination» au sujet de la communauté LGBT.

Les délégués au Synode avaient par ailleurs adopté lundi une résolution affirmant la «sainteté» des couples homosexuels - la position de l'Église anglicane depuis 2004.

Selon Statistique Canada, près de 1,6 million de Canadiens se disent anglicans. Les chiffres de l'Église indiquent que plus de 500 000 d'entre eux appartiennent à environ 2800 congrégations à travers le pays.

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