Le Canada versera 465 millions en aide à l'Afghanistan

Les militaires canadiens se sont retirés pour de... (Photo Rahmat Gul, Archives AP)

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Les militaires canadiens se sont retirés pour de bon de l'Afghanistan en décembre 2014.

Photo Rahmat Gul, Archives AP

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Lee Berthiaume
La Presse Canadienne
VARSOVIE, Pologne

Le Canada a annoncé qu'il verserait un soutien financier plus généreux à l'Afghanistan tandis que certains de ses alliés ont promis de maintenir leurs troupes dans le pays qui fait face à une flambée de violence actuellement.

Ottawa s'est engagé à offrir 465 millions $ qui seront répartis sur trois ans, à partir de 2018 - lorsque le financement promis par l'ancien gouvernement conservateur viendra à échéance.

Le premier ministre Justin Trudeau en a fait l'annonce lors d'une rencontre spéciale des dirigeants de l'OTAN qui se tenait samedi, à Varsovie, en Pologne. M. Trudeau s'était entretenu vendredi avec le président afghan, Ashraf Ghani.

Cette nouvelle enveloppe d'aide poursuit l'engagement du Canada en Afghanistan qui s'étend maintenant sur deux décennies. Le Canada s'était impliqué au pays dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001 et il avait envoyé des troupes au combat dans la province de Kandahar, en 2006. Le gouvernement canadien a également versé des millions de dollars en aide.

Au moment de mettre fin à la mission de combat en 2011, 158 soldats canadiens, un diplomate et un journaliste avaient perdu la vie.

Le Canada avait toutefois continué d'entraîner les forces de sécurité afghanes dans la capitale, à Kaboul, pour les trois années suivantes jusqu'en décembre 2014, lorsque les militaires se sont retirés pour de bon.

Depuis ce temps, la situation s'est détériorée en Afghanistan. Les talibans ont notamment perpétré plusieurs attentats dans la capitale alors que les troupes étrangères sont de moins en moins présentes au pays.

En novembre, une note d'information confidentielle remise à M. Trudeau avait prévenu que l'Afghanistan pourrait redevenir un lieu de refuge pour les terroristes - ce pourquoi le Canada était intervenu la première fois. Le groupe armé État islamique aurait également fait certaines percées, ce qui aggraverait d'autant plus la situation.

Reconnaissant la situation «précaire», le président américain Barack Obama a annoncé la semaine dernière que les États-Unis laisseraient 8400 soldats au pays au moins jusqu'en 2017 - soit 3000 militaires de plus que prévu.

Le Royaume-Uni, qui devait retirer ses 450 soldats d'ici la fin de l'année, augmentera plutôt sa présence. Le premier ministre David Cameron a annoncé samedi que 500 militaires resteraient au pays pour entraîner les troupes afghanes.

L'Australie a également renoncé à rapatrier ses 270 soldats d'ici la fin de l'année prochaine.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a annoncé plus tôt que les autres alliés poursuivraient aussi leur aide financière jusqu'en 2020. Elle s'élèverait à près de 5 milliards $ US par année, dont 3,5 milliards proviendraient des États-Unis.

Mission de paix des Nations unies

Le gouvernement Trudeau souhaite toujours participer à une mission de maintien de la paix des Nations unies malgré sa décision d'envoyer des effectifs militaires considérables en Europe de l'Est.

Le premier ministre Justin Trudeau a rencontré le président de la Lettonie Raimonds Vejonis au sommet des dirigeants de l'OTAN, samedi, en Pologne, afin de discuter de l'intention du Canada de déployer 450 soldats dans l'État balte. Le pays fournira également une frégate et six avions de chasse CF-18.

Il s'agit du contingent militaire le plus important du Canada depuis plus de dix ans, selon le premier ministre Trudeau.

Cette décision vise à répondre au comportement «inacceptable» de la Russie par rapport à l'Ukraine, notamment, a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.

«La Russie se doit de changer son approche et de respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine. C'est un message très clair que nous allons continuer de donner à la Russie à chaque occasion», a soutenu le premier ministre Trudeau en conférence de presse samedi.

Cependant, tant M. Dion que le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, ont souligné que le gouvernement libéral avait toujours l'intention de trouver une mission de maintien de la paix de l'ONU pour le Canada.

M. Sajjan estime que le gouvernement ne peut pas se contenter de répondre aux crises; il doit également examiner les cas où il pourrait aider à freiner ou éviter les conflits.

«Nous recevons des requêtes de partout. Si nous disions oui à tout le monde, nous aurions un gros problème. Nous devons être très sélectifs et choisir la façon (permettant) au Canada d'avoir une valeur ajoutée parmi les coalitions dont nous faisons partie», a précisé Stéphane Dion.

Le ministre Sajjan a assuré que l'armée canadienne dispose des ressources nécessaires pour participer à mission de maintien de la paix tout en envoyant des troupes en Europe de l'Est.

Le Canada a aussi déployé des centaines de formateurs militaires en Ukraine et en Irak.

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