Centres jeunesse: «Il n'y a pas de crise», disent les DPJ du Grand Montréal

Le centre jeunesse de Laval.... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le centre jeunesse de Laval.

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Katia Gagnon
La Presse

Les directeurs de la protection de la jeunesse de la grande région de Montréal estiment qu'il «n'y a pas de crise» dans les centres jeunesse.

Amenés à réagir aux propos tenus par l'expert André Lebon dans nos pages la semaine dernière, les cinq DPJ se sont dit surpris de l'intervention publique de ce dernier.

«On a tous été surpris de se faire dire qu'on est en crise. Les centres jeunesse ne sont pas en crise. Est-ce que M. Lebon relève des défis qu'on a pour offrir une prestation de qualité? Oui. Mais c'est des choses qu'on faisait déjà avant la sortie de cet article, qu'on fait encore et qu'on va continuer à faire. On n'est pas du même avis», dit Éric Salois, DPJ au CISSS de Lanaudière.

Les cinq DPJ estiment donc que les états généraux réclamés par M. Lebon ne s'imposent pas à l'heure actuelle. «On pense qu'on n'est pas rendus là», dit M. Salois.

Cependant, les cinq DPJ ont reconnu l'exactitude de plusieurs constats posés par M. Lebon. Oui, le roulement de personnel est un enjeu majeur. Oui, les normes en vigueur imposent une «lourdeur administrative» qui peut être dérangeante dans les centres jeunesse. Et la loi 10, qui a fondu les centres jeunesse dans les énormes centres intégrés de santé et services sociaux continue d'être un défi de taille.

«On exerce une certaine vigie dans notre organisation pour toujours ramener cette préoccupation à l'avant, explique Michèle Dionne, DPJ au CIUSSS de l'Est de l'île de Montréal. Il faut investir les services à la jeunesse parce que si on ne le fait pas, on pellette en avant et on va avoir des problèmes beaucoup plus importants comme société.»

Mais les DPJ ont-ils encore l'indépendance et la liberté nécessaire pour critiquer le ministère de la Santé, qui, avec cette réforme, a la main haute sur la hiérarchie de chaque CISSS?

«On se dit ce qu'on a à se dire et on interpelle si on doit interpeller. On a un rôle de gardien de la protection des enfants. Moi j'ai bien l'intention de le jouer, ce rôle et si j'étais dans une situation où j'étais inquiète pour le bien-être ou la sécurité des enfants je ne pourrais pas me taire», lance Mme Dionne.

Cette année, le bilan des DPJ s'est fait sous le signe de la maltraitance psychologique, un facteur de signalement qui a crû de trois pour cent depuis 2008. Pas moins de 5400 signalements ont été déposés en 2015 pour mauvais traitements psychologiques, ce qui représente plus de 15% de tous les signalements. Ce motif de signalement est devenu le troisième plus fréquent, précédé des abus physiques et de la négligence.

Ces enfants, qui sont souvent pris dans un conflit entre leurs parents qui se séparent, peuvent souffrir de séquelles graves, qui peuvent mener à des troubles de santé mentale, de toxicomanie. Et la problématique est présente dans toutes les couches sociales.

«C'est une problématique qui est moins spectaculaire, mais qui fait beaucoup de dégâts sur le plan de la santé mentale. Des enfants qui sont pris dans une telle problématique, il y en a beaucoup», dit Michèle Dionne.

À l'échelle du Québec en 2015, les services de la protection de la jeunesse ont traité 87 800 signalements, qui concernent 29 856 enfants. Près de 40% de ces signalements ont été retenus.

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