L'UMQ dénonce certaines pratiques de Postes Canada

Des boîtes postales communautaires installées près d'un arrêt d'autobus, d'une... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Des boîtes postales communautaires installées près d'un arrêt d'autobus, d'une borne-fontaine, dans une courbe, un endroit non éclairé ou sur une route où il est interdit de stationner.

Voilà quelques exemples d'aberrations qu'a citées, mardi à Gatineau, l'Union des municipalités du Québec, alors qu'elle comparaissait devant le groupe de travail qui étudie l'avenir de la Société canadienne des postes.

Ce groupe de travail a été créé par le gouvernement Trudeau, à la suite de la controverse suscitée par l'annonce en décembre 2013 de la fin graduelle de la livraison du courrier à domicile et son remplacement par des boîtes postales communautaires. Un moratoire a été imposé à ce plan en octobre 2015, vu l'importante grogne qu'il avait suscitée.

De telles boîtes communautaires ont été installées sans consultation des municipalités, alors que ce sont elles qui sont responsables de l'aménagement de leur territoire, a souligné le premier vice-président de l'Union des municipalités, Alexandre Cusson, au cours d'une entrevue après sa comparution.

M. Cusson, qui est aussi maire de Drummondville, a plaidé pour «une réforme en profondeur» de la Société canadienne des postes.

«On considère que Postes Canada ne peut pas se placer au-dessus des règlements municipaux d'urbanisme», a-t-il lancé. Il cite l'exemple des compagnies de télécommunications, qui ont l'obligation de s'entendre avec les municipalités quant à leurs installations.

Il tient entre autres à ce que Postes Canada soit obligée, par sa loi constitutive, de consulter en bonne et due forme les municipalités et les citoyens. Et elle doit respecter la compétence des municipalités en matière d'aménagement du territoire.

«Pour nous, c'est une question de bon sens. Je ne peux pas expliquer à mon citoyen que lui, sur son terrain ou autour de chez eux, il ne peut pas nécessairement faire tout ce qu'il veut, mais que Postes Canada peut, sans poser de question à personne, débarquer et faire ce qu'ils veulent», a tonné M. Cusson.

L'UMQ ne va toutefois pas jusqu'à demander de revenir en arrière et de retirer les boîtes communautaires qui ont été installées sans l'aval des villes.

Des services gouvernementaux ?

Parmi ses recommandations, l'UMQ propose de permettre à Postes Canada d'offrir des services bancaires et d'assurances, comme d'autres l'ont suggéré avant elle, et comme le font d'autres sociétés postales dans le monde.

M. Cusson ajoute à la liste de possibilités: des services gouvernementaux fédéraux - comme les photos de passeport -, voire des services privés, comme un lien avec des pharmacies, dans de petites communautés.

M. Cusson fait valoir qu'avec ses 950 comptoirs postaux, la Société canadienne des postes serait bien placée pour dispenser plusieurs services dans les communautés.

Le groupe de travail, présidé par Françoise Bertrand, qui a dirigé Télé-Québec et la Fédération des chambres de commerce du Québec, écoute ainsi différents intervenants jusqu'au 23 juin. Ensuite, il écoutera le point de vue de citoyens intéressés jusqu'à la fin de juillet.

Il doit rédiger un document de travail en août, qui sera remis à la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote, responsable du dossier des Postes.

Il a le mandat de décrire des options viables pour l'avenir de la Société des postes. Celle-ci est aux prises avec une tendance lourde: la baisse de la poste-lettre. Cette baisse est toutefois en partie compensée par la hausse de la livraison de colis, à cause du commerce électronique.

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