L'industrie militaire canadienne défend le contrat avec l'Arabie saoudite

Un véhicule blindé léger... (Photo Bill Graveland, archives La Presse Canadienne)

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Un véhicule blindé léger

Photo Bill Graveland, archives La Presse Canadienne

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
Ottawa

L'association qui représente l'industrie militaire canadienne se porte à la défense du contrat de 15 milliards conclu par une entreprise ontarienne avec l'Arabie saoudite pour la fabrication de véhicules blindés légers.

Christyn Cianfarani, présidente de l'Association des industries canadiennes de défense et de sécurité, a rappelé mercredi que cette industrie a la responsabilité de respecter les règles établies par le gouvernement, pas de commenter les pratiques judiciaires d'autres pays ni d'élaborer la politique étrangère canadienne.

Le Nouveau Parti démocratique et certains organismes, comme Amnistie internationale, ont critiqué la décision du nouveau gouvernement libéral d'honorer le contrat approuvé par le précédent gouvernement conservateur. Ils rappellent le piètre bilan de la monarchie islamique en matière de droits de la personne, notamment la répression des manifestants, les exécutions collectives et le sort réservé aux femmes. Ils soutiennent aussi que les véhicules blindés légers de fabrication canadienne pourraient éventuellement être utilisés contre des civils saoudiens.

«Notre responsabilité consiste à suivre les règles établies, c'est aussi simple que ça», a rétorqué Mme Cianfarani, dont l'association représente plus de 700 entreprises de ce secteur. «L'industrie est très, très réglementée et notre rôle, c'est de suivre les règles établies par le gouvernement du Canada.» Mme Cianfarani était interrogée mercredi en marge du salon commercial annuel de cette industrie, qui réunit à Ottawa cette semaine 11 000 participants du monde entier.

Selon le rapport annuel de l'association que préside Mme Cianfarani, l'industrie de la défense contribuait à 6,7 milliards au PIB du Canada et employait 63 000 travailleurs en 2014, année où le contrat avec l'Arabie saoudite a été annoncé par le gouvernement de Stephen Harper. Mme Cianfarani ne pouvait préciser mercredi l'apport du contrat saoudien au bilan de cette industrie en 2014.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et le premier ministre Justin Trudeau ont plaidé que ce contrat, conclu avec General Dynamics Land Systems, de London, est porteur d'emplois. Ils soutiennent aussi que son annulation donnerait au Canada une mauvaise réputation sur les marchés internationaux. Par ailleurs, rien ne prouve, selon Ottawa, que les véhicules canadiens, destinés avant tout à la lutte contre le groupe armé État islamique, seront éventuellement utilisés contre des civils saoudiens.

Le ministre Dion était en Arabie saoudite cette semaine pour des réunions du Conseil de coopération du golfe Persique, composé de six États de la région qui sont considérés par Ottawa comme des alliés stratégiques: l'Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar.

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