Des camps de travailleurs évacués au nord de Fort McMurray

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Mme Notley a déclaré que l'indice de la qualité de l'air - habituellement mesuré sur une échelle de un à dix - se situe en ce moment à 38.

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Dean Bennett
La Presse Canadienne
Edmonton

Une évacuation préventive de camps de travailleurs au nord de Fort McMurray a été lancée, lundi, en raison de la menace posée par un incendie de forêt qui se propageait rapidement.

Le personnel dit non-essentiel quittait les lieux, tandis que d'autres employés restaient pour effectuer du travail à l'usine et pour combattre les flammes.

Il y a environ 4000 travailleurs disséminés dans 12 camps dans le secteur, dont plusieurs oeuvrant pour les entreprises Suncor et Syncrude.

Les responsables ont indiqué que 500 à 600 autres personnes dans quatre petits camps le long de la route Aostra faisaient l'objet d'un ordre d'évacuation.

Scott Long, de l'agence provinciale de la gestion des urgences, a soutenu que les évacuations se déroulaient de manière calme et ordonnée. Les autorités ont indiqué que la fumée épaisse présentait aussi un danger.

La municipalité rurale de Wood Buffalo a révélé que le feu parcourait 30 à 40 mètres par minute et qu'il devrait brûler six kilomètres en deux heures.

«Cette évacuation préventive et limitée est une illustration du fait qu'il n'est pas sécuritaire de se trouver en ce moment dans la région municipale de Wood Buffalo», a affirmé la municipalité, tard lundi, par communiqué.

La population entière de Fort McMurray - plus de 80 000 résidants - amorce sa troisième semaine hors de leur domicile. Plusieurs des camps de travailleurs avaient été utilisés pour abriter des résidants déplacés ayant fui vers le nord lorsque l'incendie a frappé le secteur le 3 mai.

Ces résidants ont été ramenés vers le sud, notamment à Edmonton et Calgary, il y a quelques jours, et des travailleurs ont été réintégrés dans les camps pour commencer à relancer la production des sables bitumineux.

Plus tôt lundi, la première ministre de l'Alberta a indiqué que la qualité de l'air à Fort McMurray représentait un problème important, près de deux semaines après le passage de l'immense incendie de forêt dans la ville.

Rachel Notley a indiqué en point de presse à Edmonton que l'indice de la qualité de l'air - habituellement mesuré sur une échelle de dix - se situe en ce moment à 38. L'indice prend en compte la fumée, l'ozone et le dioxyde d'azote. Or, cette piètre qualité de l'air pourrait retarder les opérations de rétablissement des services publics et, conséquemment, le retour des citoyens dans cette ville du nord de l'Alberta.

L'arrivée de nouvelles équipes d'intervention est même reportée pour l'instant, tout comme les opérations de retrait de véhicules abandonnés, a indiqué Mme Notley. «Le ministère de la Santé recommande aux citoyens qui avaient obtenu la permission de revenir à Fort McMurray, pour une raison ou pour une autre, de reporter leur visite jusqu'à ce que les conditions atmosphériques s'améliorent.»

Karen Grimsrud, directrice de la santé publique de l'Alberta, s'attend à ce que la qualité de l'air demeure problématique pendant au moins deux ou trois jours. Les travailleurs qui s'affairent présentement dans la ville devraient porter des masques à gaz, a-t-elle dit.

Les 80 000 résidants de Fort McMurray ont dû partir précipitamment il y a deux semaines lorsque des incendies de forêt menaçaient les flancs ouest et sud de cette ville située entre Edmonton et les sites d'exploitation de sables bitumineux du nord de la province. Le brasier a finalement détruit des quartiers complets de «Fort Mac» - 2400 bâtiments - mais a épargné les infrastructures essentielles, dont l'hôpital régional, la station d'épuration d'eau et l'aéroport.

Selon les pompiers, le brasier, qui couvre actuellement 2850 kilomètres carrés, n'est toujours pas maîtrisé et constitue encore une menace, alors que les équipes d'intervention doivent éteindre des foyers qui couvent.

Les services publics

Mme Notley soutient quand même que les opérations pour accueillir à nouveau les résidants vont plus vite que prévu et elle espérait lundi pouvoir fixer un calendrier d'ici la fin de la semaine.

Le courant a notamment été rétabli dans une majeure partie de la ville et dans les édifices municipaux de la banlieue d'Anzac, a-t-elle dit. L'alimentation en gaz naturel est rétablie dans environ la moitié de la ville mais la première ministre a rappelé qu'il s'agit d'une opération ardue puisque les conduites qui menaient à des bâtiments aujourd'hui endommagés ou détruits doivent être bouchées.

Par ailleurs, l'aéroport est prêt à accueillir les vols réguliers commerciaux - et donc les résidants déplacés. Les écoles sont intactes mais Mme Notley a précisé qu'elles ne rouvriront pas avant la rentrée d'automne.

Le système de santé, quant à lui, redémarre lentement. Un service d'urgence «de campagne» a été installé sous des chapiteaux dans un stationnement de l'hôpital, pour des examens diagnostiques comme les radiographies. «Imaginez un «M A S H » haute technologie», a illustré Mme Notley. L'hôpital en tant que tel rouvrira petit-à-petit, en commençant par les urgences, d'ici la fin du mois. Il faut d'abord nettoyer les appareils, notamment les systèmes de ventilation enfumés, a expliqué la première ministre.

Le gouvernement provincial a par ailleurs commandé 32 kilomètres de clôture pour boucler des périmètres entiers considérés comme dangereux ou endommagés. Ces clôtures devraient être érigées dès cette semaine.

Pendant ce temps, les déplacés séjournent dans des hôtels, des terrains de camping, chez des amis ou dans des centres d'accueil temporaires au sud de Fort McMurray. Pour leur donner un coup de pouce, le gouvernement provincial a distribué près de 28 000 cartes bancaires prépayées, une avance de plus de 60 millions $.

Feux de prairie

Par ailleurs, des incendies de prairie hors de contrôle ont forcé depuis dimanche l'évacuation de fermiers à près de 300 kilomètres au nord-ouest d'Edmonton.

L'arrondissement municipal de Greenview avait décrété l'état d'urgence dimanche. Un ordre d'évacuation a été donné pour les résidants au sud de Little Smoky, un village qui n'est pour l'instant pas menacé, tout comme la petite localité de Fox Creek, d'ailleurs. Mais ces résidants sont sur un pied d'alerte et pourraient être évacués à une heure d'avis, quoique les flammes semblaient s'éloigner de ces communautés lundi midi.

La route 43, principal axe routier de la région, demeurait ouverte lundi. On ne signalait pas de maisons détruites par les flammes.

Diane Carter, porte-parole de l'arrondissement municipal de Greenview, ne pouvait lundi établir le nombre de personnes qui ont dû quitter leur propriété. Certains agriculteurs rechignent à laisser leurs animaux d'élevage, a-t-elle dit.

Le bétail et les animaux de compagnie pouvaient être laissés en pension sur une ferme de Valleyview, à 50km au nord de Little Smoky.

Le mercure devrait grimper cette semaine dans la région et on ne prévoit pas de précipitations avant mercredi.

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