Les sinistrés de Fort McMurray s'interrogent sur leur avenir

Avec des images des feux de l'enfer toujours ancrées dans la mémoire, les... (PHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS)

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Michel Comte
Agence France-Presse
Edmonton

Avec des images des feux de l'enfer toujours ancrées dans la mémoire, les évacués de Fort McMurray s'interrogent sur leur avenir quand beaucoup ont perdu leur emploi ou leur maison.

«Je n'arrête pas de penser que je suis en plein rêve ou au cinéma», lâche Samantha James en sortant du centre d'urgence d'Edmonton, à 400 km au sud de Fort McMurray, ville fantôme depuis l'évacuation de ses habitants chassés par de gigantesques incendies de forêt.

«Regardez autour, il y a des fleurs, de beaux nuages, les gens sont gentils et chaleureux et tout à coup vous doutez... Est-ce que c'est vraiment arrivé?», se demande-t-elle.

La trentaine, veste de jean et foulard en soie, Samantha vient au centre récupérer quelques habits disposés dans d'énormes boîtes dans le grand hall du centre des expositions de la capitale de l'Alberta, dons de Canadiens à la Croix Rouge.

Elle grappille aussi les dernières informations auprès des services d'aide aux évacués.

Fort heureusement, elle sait depuis deux jours que son logement n'a pas été endommagé par les flammes. À part les plantes grasses desséchées, Samantha pourra faire les 400 km en sens inverse pour rentrer à Fort McMurray.

Quand? Elle ne le sait pas. La cellule de crise a promis un retour des habitants «d'ici deux semaines», à mesure que les réseaux d'électricité, gaz et eau seront rétablis, les commerces prêts à recevoir des clients et les écoles ou les services de santé fonctionnels.

Casquette sur la tête, Don Prophet est plus anxieux pour les lendemains de sa famille. «Nous ne savons même pas si nous avons une maison, nous ne savons pas si les infrastructures dans 3 ou 4 semaines nous permettront seulement de rester» à Fort McMurray.

«Reprendre le fil de sa vie»

L'angoisse monte chez Don, cinquantenaire salarié d'un sous-traitant d'une compagnie pétrolière, privé de son emploi avec les feux. «C'est écrasant de se dire que l'avenir c'est l'aide sociale», car «nous ne savons pas si des emplois nous seront proposés, c'est dur d'aller de l'avant, on est dans l'incertitude la plus totale».

Des chariots élévateurs déposent des dizaines de palettes de couches pour bébés, de cartons de soins d'hygiène et de packs de bouteilles d'eau minérale devant les grandes portes du vaste hall abritant le centre d'urgence.

Celui d'Edmonton, comme les 12 autres à travers la province, a été ouvert pour accueillir une partie des quelque 100 000 personnes qui ont fui les feux dans un rayon de 40 km autour de la ville. Les flammes y ont laissé une forêt brûlée et 2400 maisons calcinées uniquement à Fort McMurray.

C'est là que l'AFP a rencontré Don Prophet, venu avec son épouse récupérer quelques affaires. Ils ont pris juste un sac avec quelques vêtements quand l'alerte a été donnée le 3 mai en début d'après-midi avant de trouver refuge dans le sous-sol d'une maison à Edmonton.

«Avec le peu d'argent que nous avons en ce moment, chaque petit truc peut aider», confie Don en avouant avoir pris trop peu d'affaires. «Elle n'avait pas assez de chaussures», se moque Don en retrouvant son sourire.

«Le plus important c'est de pouvoir reprendre le fil normal de sa vie, la routine, parce qu'en ce moment on est loin de la normale».

Avec son mari et son fils de 11 ans, Judy Ramsay a passé le temps depuis une semaine dans les papiers, à remplir les déclarations d'assurance, boucler la déclaration d'impôt pour laquelle le gouvernement a donné un délai de grâce. Ces démarches prennent plus de temps, car, explique Judy, «il faut trouver son chemin dans cette ville, c'est immense comparé à Fort McMurray.»

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