Les feux ont tout changé pour ce féru d'objets de hockey

La collection de Chaulk est gigantesque et englobe... (Photo archives La Presse Canadienne)

Agrandir

La collection de Chaulk est gigantesque et englobe des dizaines de chandails de hockey et de bâtons utilisés lors de matchs, certains étant évalués à 20 000$. On le voit poser ici à Fort McMurray le 16 avril, avant les incendies.

Photo archives La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Bob Weber
La Presse Canadienne
Edmonton

L'homme a sauvé des flammes de nombreux souvenirs associés au hockey, mais l'un des plus grands collectionneurs au pays croit que l'incendie qui fait rage dans la région de Fort McMurray pourrait lui coûter son passe-temps.

«Je ne sais pas si le fait de collectionner des objets a autant de signification pour moi que par le passé», a déclaré Shawn Chaulk, qui a déjà été surnommé le Wayne Gretzky des objets de collection liés à Wayne Gretzky.

La collection de Chaulk est gigantesque.

Elle englobe des dizaines de chandails de hockey et de bâtons utilisés lors de matchs, certains étant évalués à 20 000$. Chaulk compte plus de 100 bâtons appartenant à Gretzky, dont un qu'il a utilisé lors du Championnat du monde de hockey junior en 1978 et un autre qui lui a servi lors de son dernier match dans la LNH, avec les Rangers de New York, en 1999.

La liste inclut des gants et des casques portés lors de conquêtes de la coupe Stanley et lors de victoires en saison régulière. Elle réunit aussi des patins endommagés et réparés et des répliques de la coupe Stanley ayant déjà appartenu à l'ancien propriétaire des Oilers d'Edmonton, Peter Pocklington, encore détesté par des partisans de l'équipe parce qu'il a échangé Gretzky aux Kings de Los Angeles en 1988.

La tragédie à Fort McMurray a cependant donné une toute autre perspective à une question jusque-là hypothétique : «qu'apporteriez-vous si votre résidence était la proie des flammes?».

Pendant que son épouse et leurs enfants remplissaient des valises de vêtements et de jouets avant d'évacuer la demeure familiale mardi dernier, Chaulk se trouvait au sous-sol avec un associé et tentait de répondre à cette question.

«J'ai vidé mon coffre-fort et j'ai pris des objets comme les cartes de recrue de Gretzky. J'ai ouvert deux poches de hockey, je les ai mises sur le plancher et j'ai dit, «Remplissons-les».

«Je sortais des chandails des vitrines dans lesquels ils se trouvaient à une vitesse que je ne pensais pas pouvoir atteindre. Nous avons rempli deux poches et ça y était. Ce que nous avons pu conserver, nous l'avons fait.»

Les choix ont été difficiles.

«Le premier objet que j'ai sorti a été le chandail que Gretzky a porté lors de la finale de la Coupe Canada de 1984. Et son bâton.»

Chaulk a décidé de se concentrer sur les chandails, dont trois de Mark Messier avec Équipe Canada, parce que ce sont des objets qui pourraient générer d'intéressants revenus s'ils étaient mis en vente. Ces revenus faciliteraient le travail de reconstruction.

Chaulk a ajouté les premiers patins de son fils et les premières pantoufles aux couleurs des Oilers qu'a portées sa fille.

Mais pour une raison quelconque, il n'a pas apporté l'album de photos avec tous les joueurs de hockey qu'il a rencontrés et toutes les foires lors desquelles il a étalé sa collection.

«Il s'agissait de mes mémoires personnelles de ma vie de collectionneur, a résumé Chaulk, qui semblait sidéré. Et elles sont restées là-bas.»

Au bout du compte, la famille a quitté avec environ 50 chandails et quatre bâtons de Gretzky que Chaulk léguera à ses enfants. Les Chaulk ont retiré de la tondeuse à gazon le plus d'essence possible avant de prendre la route du nord de la province.

Selon Chaulk, sa résidence semble avoir été épargnée par les flammes. Sa famille se porte bien, du moins, c'est ce qu'il pense.

«Je ne sais pas. J'ai quitté ce matin pour participer à une réunion et mon fils de quatre ans pleurait et ne voulait pas que je parte. On ne sait trop s'il pleurait parce qu'il était traumatisé ou parce qu'il a quatre ans et qu'il voulait être avec son père.»

La famille va rebâtir et éventuellement tourner la page, mais Chaulk n'a pas la même certitude face à l'avenir du passe-temps qu'il a déjà adoré.

«Je ne sais pas si je me trouve dans le même état d'esprit maintenant. Peut-être que je me trompe. Peut-être suis-je simplement émotif. J'ignore si je dois investir de l'énergie là-dedans. Chaque heure consacrée à la collecte de souvenirs est une heure passée loin de ma famille.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer