Peut-on exclure la notion de «combat» dans la mission canadienne contre l'ÉI?

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Le chef d'état-major de la défense nationale, Jonathan Vance

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Murray Brewster
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le chef d'état-major de la défense nationale s'est encore appliqué, vendredi, à définir ce qui constitue exactement une «mission de combat» - ou ce qui n'en est pas une.

Alors que le gouvernement libéral de Justin Trudeau demande à l'armée d'orienter la lutte contre les djihadistes vers des missions de «formation, conseil et assistance», le général Jonathan Vance rappelle que ces nouvelles tâches peuvent difficilement exclure complètement toute notion de combat.

Ces missions de «conseil et assistance» sont relativement nouvelles, du moins dans leur appellation, et portent encore à confusion chez certains observateurs, a rappelé le général Vance, spécialiste de combat militaire. Il faisait sans doute référence aux néo-démocrates, qui soutiennent que la nouvelle mission confiée aux forces spéciales dans le nord de l'Irak en est une «de combat».

Pourtant, les opérations internationales menées dans cette région sont définies dans un cadre plus large, et certains observateurs sont inconfortables avec ces définitions, a expliqué le général Vance, vendredi, à la réunion annuelle de l'Institut de la Conférence des associations de la défense, à Ottawa.

Pour le chef d'état-major, une mission de combat diffère surtout d'une mission de «formation, conseil et assistance» lorsque les militaires canadiens sont les principaux combattants dans un conflit. Ainsi, les frappes aériennes menées par les chasseurs CF-18 canadiens contre des positions du groupe armé État islamique sont clairement des missions de combat, a admis le général Vance.

Par contre, certains se sont demandé si la participation ponctuelle des forces spéciales canadiennes dans des combats menés par leurs élèves kurdes constituait une «mission de combat»; de même lorsque des militaires canadiens ont guidé des frappes aériennes pour aider les forces kurdes.

Ce débat a redoublé d'ardeur lorsque le sergent Andrew Doiron, des forces spéciales, a été tué par un tir ami lors d'une opération menée par les Kurdes, en mars dernier.

Le prédécesseur du général Vance, Tom Lawson, avait essuyé les tirs nourris des membres d'un comité des Communes, en janvier 2015, quant à cette notion de «mission de combat». Le libéral Marc Garneau lui avait lu la définition même des Forces armées canadiennes: une opération de combat implique qu'une force - létale ou non - doit être utilisée sur un opposant armé afin de pouvoir mener à bien sa mission. «N'est-ce pas ce que nous faisons en Irak?» avait demandé M. Garneau, aujourd'hui membre du cabinet.

Tout comme le général Vance aujourd'hui, Tom Lawson avait soutenu alors que la mission canadienne ne répondait pas à cette définition. Les soldats, avait-il dit, ne se servent de leurs armes qu'en situation de légitime défense - en bref, lorsqu'on leur tire dessus.

Le général Vance a rappelé vendredi que pendant les missions de maintien ou de soutien de la paix dans les années 1990, surtout dans les Balkans, les Casques bleus canadiens ont riposté à des tirs. Pourtant, a-t-il dit, on n'a jamais qualifié ces opérations de «missions de combat».

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