Rendre hommage aux soldats qui se sont suicidés, un tabou militaire

Le nouveau gouvernement libéral, qui s'est engagé à rendre hommage aux soldats... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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La Presse Canadienne
OTTAWA

Le nouveau gouvernement libéral, qui s'est engagé à rendre hommage aux soldats morts par suicide, pourrait faire face à une certaine résistance de la part de l'institution militaire, qui considère le suicide comme déshonorant et faible, croient des militants.

Sheila Fynes, dont le fils, le caporal Stuart Langridge, s'est enlevé la vie en 2008, tempère son optimisme quant à cette promesse électorale. Selon elle, le tabou de la maladie mentale qui peut mener au suicide est encore très ancré dans la pensée militaire.

«Ils (les militaires) doivent vraiment appliquer de grands changements dans leurs attitudes», a-t-elle déclaré.

La réaction de l'armée au suicide du caporal Langridge, après une mission en Afghanistan, a fait l'objet d'une longue enquête de la Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire du Canada, qui avait été accusée d'avoir «bâclé» sa propre enquête.

Un jour après que la commission eut rendu son rapport, en mars dernier, le ministère de la Défense avait présenté à la famille une version lourdement caviardée de l'enquête de l'armée sur le suicide. Essentiellement, le rapport blâmait le caporal Langridge pour sa propre mort, puisqu'il n'aurait pas été capable de se départir de ses dépendances et qu'il «n'avait pas pu démontrer qu'il était prêt à l'engagement et aux responsabilités» nécessaires pour réintégrer l'armée.

L'armée perçoit le suicide d'un soldat comme une sorte d'échec systémique que l'institution est réticente à reconnaître, selon Sheila Fynes. «Ils voient cela comme leur échec (aux soldats) et ils se disent qu'ils ont peut-être choisi le mauvais gars», a-t-elle expliqué.

Selon elle, un premier geste à poser serait celui d'ériger un monument en l'honneur de toutes les victimes militaires de la guerre en Afghanistan - qui inclurait tous les noms, sans exception.

«Il n'y a pas de monument commémoratif pour les soldats qui se sont enlevé la vie - ou des plaques à des musées. Il n'y a rien. C'est comme s'ils n'existaient pas», a-t-elle déploré.

Glen Kirkland, un défenseur des droits des anciens combattants qui a été blessé au combat à Kandahar, croit pour sa part que le suicide - surtout chez les militaires - est un sujet encore «très délicat et gênant» et souvent réduit au silence.

Le ministre des Anciens combattants Kent Hehr, répond néanmoins que lui et le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, sont déterminés à aller de l'avant et de traiter chaque soldat avec compassion.

«Nous traitons les vétérans avec soin, dignité et respect et nous les honorons pour leur service dans notre communauté», a affirmé M. Hehr, qui a promis de consulter des groupes d'anciens combattants pour déterminer les moyens de reconnaissance qui seront les plus appropriés.

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