Dépôt de lettres d'appui à Badawi: Amnistie se bute à des portes closes

L'organisme Amnistie internationale avait plusieurs boîtes remplies de... (Photo Sean Kilpatrick, PC)

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L'organisme Amnistie internationale avait plusieurs boîtes remplies de lettres demandant la libération du blogueur Raif Badawi à remettre à l'ambassade de l'Arabie saoudite, à Ottawa. Sur cette photo, le secrétaire général de l'organisme, Alex Neve, brandit quelques-unes des lettres.

Photo Sean Kilpatrick, PC

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

La femme de Raif Badawi et l'organisme Amnistie internationale se sont butés à des portes closes à l'ambassade de l'Arabie saoudite, lundi, quand ils ont voulu déposer quelque 31 000 lettres demandant la libération du blogueur saoudien.

M. Badawi, dont l'épouse Ensaf Haidar et les trois enfants sont réfugiés au Canada, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans d'emprisonnement pour avoir prôné la libéralisation du régime.

Quelques dizaines de manifestants s'étaient réunis à Ottawa pour déposer des lettres et des pétitions provenant d'une vingtaine de pays, mais surtout du Canada.

Contrairement à la première fois où ils s'étaient livrés à cet exercice en janvier, l'ambassade n'a pas voulu leur ouvrir ses portes. Mme Haidar a confié ne pas voir «de lumière» dans cette situation, alors qu'elle avait ressenti de l'espoir au début de l'année.

Pour la directrice générale d'Amnistie internationale Canada francophone, Béatrice Vaugrante, il est «extrêmement décevant, préoccupant même», que l'ambassadeur refuse d'accueillir de «simples cartes écrites par des enfants ou des adultes qui n'ont fait qu'exprimer des voeux». Elle se demande si ce refus signifie qu'il n'y a plus de canal de communication possible avec le régime, de plus en plus rigide.

Le moment choisi pour déposer les milliers de missives n'était pas laissé au hasard. Deux semaines après le scrutin qui a fait élire un gouvernement libéral à Ottawa, l'organisme de défense des droits de la personne voulait battre le fer pendant qu'il est chaud.

«On voulait tout de suite saisir les débuts de mandat du premier ministre», a noté Mme Vaugrante. En compagnie de Mme Haidar, elle avait rencontré en février le chef libéral Justin Trudeau, qui avait alors signifié un intérêt véritable pour les conditions de détention du blogueur. «On peut espérer qu'entre février et maintenant, il n'y ait pas de changement de position, et que maintenant que M. Trudeau va être le premier ministre, il pourra prendre position clairement et intervenir», a-t-elle ajouté.

Mme Haidar a signalé qu'elle souhaitait que l'élection de M. Trudeau comme premier ministre fasse bouger les choses pour la libération de son mari.

«Je voudrais que M. Trudeau travaille sur (le dossier de) Raif, travaille fort, travaille plus, parle avec le gouvernement d'Arabie saoudite directement et demande que Raif sorte de prison. J'espère que bientôt Raif soit libre avec nous», a-t-elle dit.

M. Badawi a récemment reçu le Prix Sakharov 2015 pour la liberté de l'esprit de la part du Parlement européen.

Il avait été arrêté en 2012, et depuis sa condamnation en 2014, il a reçu 50 coups de fouet au cours d'une même séance de flagellation publique. Son épouse, qui habite Sherbrooke depuis son arrivée au Canada il y a deux ans, craint que la torture reprenne de plus belle.

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