C.-B.: les sans-abris blâmés mais privés de services

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Tamsyn Burgmann
La Presse Canadienne
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La Ville d'Abbotsford, en Colombie-Britannique, a tort de criminaliser les sans-abris en adoptant des règlements interdisant l'installation de campements dans les endroits publics, a soutenu un avocat, mardi.

Selon David Wotherspoon, membre de l'organisation juridique Pivot Legal Street, les autorités municipales pratiquent de la discrimination contre les sans-abris. Il a dénoncé certaines mesures prises par la Ville, dont le déversement de fumiers de poulet dans un campement.

L'avocat souhaite que la Cour suprême de la Colombie-Britannique déclare que de telles mesures sont anticonstitutionnelles.

Les autorités reprochent aux sans-abris de laisser des déchets humains et des ordures dans leurs camps mais refusent de leur fournir des services, a indiqué Me Wotherspoon au juge Christopher Hinkson, mardi. L'avocat a aussi déclaré qu'en blâmant les sans-abris parce qu'ils urinent ou défèquent, les autorités s'en prennent aux victimes.

Me Wotherspoon a aussi dit au juge que la police avait utilisé du poivre de Cayenne contre des sans-abris tandis que des employés municipaux avaient déversé du fumier à volailles, il y a deux ans, dans le but de les chasser.

Des sans-abris à Abbotsford font le choix de dormir à l'extérieur plutôt que de se rendre dans un refuge disponible, a rétorqué l'avocat pour la Ville, mardi.

Les gens vivant dans des tentes dans plusieurs parcs dans la localité de Fraser Valley le font par choix, et non par nécessité, a dit l'avocat James Yardley en Cour suprême de la Colombie-Britannique.

«Clairement, il y a un élément de choix, de décision prise en connaissance de cause», a argué Me Yardley au juge.

Dans ses plaidoiries finales, l'avocat a fait valoir que la poursuite n'avait pas de fondement. Il a appelé au rejet de l'action en justice.

Me Yardley a dit au juge que la Ville reconnaissait que l'itinérance était un problème social qui devait être adressé. Il a fait valoir qu'Abbotsford avait établi diverses possibilités de logement pour les gens dormant sur des terrains publics.

L'association War Drug Survivors représente au moins 151 sans-abris. Selon elle, les 25 centres d'accueil gérés par l'Armée du Salut ne peuvent fournir des services à tous les sans-abris de la ville.

La Ville a déjà présenté des preuves laissant entendre que d'autres installations de logements sont disponibles mais l'association réplique que ces endroits sont difficiles d'accès, particulièrement pour un toxicomane.

L'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique s'est constituée partie civile dans ce dossier. Son avocat a réclamé l'annulation des règlements controversés.

La Ville ne conteste pas le fait que certains sans-abris, tels que ceux ayant des dépendances à la drogue, vivent des obstacles plus grands, a dit Me Yardley. Mais il a argué que les gens ayant établi des campements ne pouvaient être caractérisés comme un groupe distinct dont les droits auraient été bafoués également.

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