Saison noire pour le bleuet

La province a eu droit à un cocktail... (Photo archives La Presse)

Agrandir

La province a eu droit à un cocktail météo désastreux pour la production de bleuets, cette année, qu'il s'agisse du fruit sauvage ou de sa variété cultivée, le bleuet en corymbe.

Photo archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La saison des bleuets vient à peine de commencer dans quelques régions du Québec que déjà elle est à oublier pour la plupart des producteurs qui livreront cette année environ 50% de leur récolte habituelle.

«Certains producteurs qui n'avaient jamais eu de gel se retrouvent avec 80% de pertes», explique Laurier Lussier, président de l'association d'agriculteurs Bleuets de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent qui produit du bleuet cultivé. Le prix des premiers fruits offerts sur le marché est déjà en hausse. «C'est dommage, mais il faut l'ajuster selon l'offre», laisse tomber le producteur.

La province a eu droit à un cocktail météo désastreux pour la production de bleuets cette année, qu'il s'agisse du fruit sauvage ou de sa variété cultivée, le bleuet en corymbe. Le mercure a chuté sous les -25 °C durant plusieurs jours de suite en janvier et en février. Hélas, faute de neige, les plants n'étaient pas protégés. Au mieux, les bourgeons ont gelé; au pis, le gel s'est attaqué aux racines, si bien que le plant est perdu.

L'industrie du bleuet en chiffres

1
milliard
de livres de bleuets produits l'année dernière en Amérique du Nord, les deux tiers étant des bleuets de culture (corymbe).
x 2
La production a doublé durant la dernière décennie.
80
millions
de livres de bleuets produits, en 2014, au Québec, dont 77 millions de livres de bleuets sauvages.
953
producteurs de bleuets, dont 500 de bleuets sauvages.
15%
des bleuets québécois sont destinés au marché québécois. Les 85% restants sont exportés dans une trentaine de pays.
40%
Le Québec est la principale province productrice de bleuets sauvages, avec 40% de la production, mais il ne produit que 2% du bleuet en corymbe pour l'ensemble du pays.

Ce sera un deuxième coup dur en trois saisons. L'année 2013 s'était aussi terminée sur un très mauvais bilan au Québec, mais pour une raison météo bien différente: du gel en juin.

Bien entendu, tous les yeux sont tournés vers le Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui produit 80% des bleuets sauvages québécois. La saison ne débutera qu'à la mi-août, mais les prévisions sont très mauvaises. «Globalement, les rendements des bleuetières s'annoncent fortement inférieurs à la moyenne», indique La Financière agricole pour la région.

Le directeur général du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec, Gervais Laprise, estime la perte à 50% de la production pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le prix du bleuet sauvage sera fixé une semaine avant le début de la récolte.

Les rendements sont très différents selon la topographie des bleuetières et les brise-vent, explique Yves Lefebvre, directeur régional du centre de services d'Alma pour La Financière.

Seule bonne nouvelle dans les prévisions saisonnières, les bourgeons qui ont survécu produiront d'excellents fruits. «Les conditions du reste de l'année ont été très bonnes», explique Gervais Laprise.

Le nord épargné

Les producteurs des régions situées plus au nord ont été plus chanceux. Il était tombé assez de neige pour protéger les plants au moment où les grands froids du début de l'année sont arrivés, explique Daniel Harvey, président de l'Association des producteurs de bleuets de la Côte-Nord. La région compte une cinquantaine de producteurs de bleuets, tous des fruits sauvages. Et ce sont les «meilleurs du Québec», assure M. Harvey.

Les consommateurs pourront juger par eux-mêmes dans trois semaines: les premiers bleuets de la Côte-Nord, ceux de Sacré-Coeur, devraient arriver sur le marché autour du 7 août.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer