De nombreux problèmes internes au SCRS, révèle un sondage

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Un sondage interne mené auprès des employés du Service canadien du renseignement de sécurité révèle plusieurs problèmes, notamment le harcèlement fréquent au travail et le manque de ressources.

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Bureaucratie trop contrôlante, manque de ressources et de temps, harcèlement fréquent au travail et représailles en cas de plainte: voilà quelques problèmes auxquels les agents secrets du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) disaient faire face ces dernières années, alors qu'on leur demandait d'en faire toujours plus pour lutter contre le terrorisme. C'est ce que révèle un sondage interne mené auprès des employés de l'agence ultra-secrète en 2012 et obtenu récemment par La Presse grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

Fiers, confiants, motivés

Ce sondage est le troisième à avoir été réalisé par le SCRS depuis 2008 et, dans l'ensemble, ses résultats sont très encourageants pour l'organisme chargé de protéger la sécurité nationale. Quelque 65 % des employés ont participé à l'exercice et la majorité d'entre eux sont fiers, confiants et motivés. Ainsi, 92 % sont fiers de leur travail, 87 % estiment travailler dans l'intérêt public, 79 % recommanderaient le SCRS comme un « excellent milieu de travail » et 62 % ont confiance en la haute direction. Et s'il faut en faire un peu plus pour débusquer les terroristes ou les espions étrangers, 97 % des répondants se disent prêts à fournir un effort supplémentaire.

Harcèlement

Grosse ombre au tableau : 30 % des répondants disent avoir été victimes de harcèlement au travail au cours des deux dernières années, soit 1 % de plus que lors du sondage précédent, en 2010. La grande majorité montre du doigt un supérieur et évoque de l'intimidation, des commérages, la propagation de rumeurs. « Des améliorations s'imposent toujours », notent les responsables du sondage. « Ça traduit un malaise. Ce ne sont pas 30 % des gens qui ont inventé ça », constate Dave Charland, un agent qui a quitté le SCRS il y a un an. Par ailleurs, 3 % des répondants disent avoir été victimes de violence, souvent sous forme de menaces.

Peur de représailles

Au SCRS, il existe un processus officiel de plainte pour les employés qui se croient lésés. Mais à peine 37 % des répondants estiment qu'ils peuvent l'utiliser sans crainte de représailles. C'est 7 % de moins qu'en 2010. Les responsables du sondage constatent qu'il s'agit d'une « question d'intérêt particulier » sur laquelle le SCRS doit travailler. « Je m'inclus dans ceux qui avaient cette crainte. À moins que tu fraudes, ou quelque chose du genre, tu ne seras pas mis à la porte. Mais seras-tu choisi pour une promotion ? Auras-tu accès aux formations intéressantes si tu t'es plaint ? », explique l'ex-agent Dave Charland.

Manque de temps et de ressources

Dans l'ensemble, 58 % des répondants disent arriver à accomplir toutes leurs tâches pendant les heures normales de travail. Mais pour les agents de renseignement sur le terrain, cette proportion chute de 25 %. Chez les gestionnaires intermédiaires, 45 % des répondants disent avoir le temps d'accomplir leurs tâches en une journée normale, contre 27 % pour les membres de la haute direction du SCRS. Au moment du sondage, 59 % des superviseurs et gestionnaires intermédiaires estimaient que la qualité de leur travail était « toujours », « presque toujours » ou « souvent » minée par la diminution des ressources. Notons que depuis, le gouvernement Harper a accordé des fonds supplémentaires à l'organisme.

Lourdeur bureaucratique

Selon le sondage, 57 % des superviseurs ou gestionnaires intermédiaires des services secrets estiment que « la qualité de leur travail est toujours, presque toujours ou souvent minée par le trop grand nombre d'étapes d'approbation ». Trop de permissions à obtenir avant d'agir, trop de contrôles, autrement dit. Pas surprenant, selon l'ex-agent Charland. « On t'engage parce que tu as un bac, que tu es compétent, capable d'initiative... puis on t'attache les mains. La structure est trop lourde ! Je comprends que c'est pour éviter des problèmes, mais comment se fait-il qu'un policier soit tellement plus autonome qu'un agent de renseignement dans son travail ? Pourtant, l'agent de renseignement, habituellement, a plus d'années d'études ! »

- Avec la collaboration de William Leclerc

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