Sommet Vivre ensemble: combattre la pauvreté pour contrer la radicalisation

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La mairesse de Paris, Anne Hidalgo

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Montréal

La mairesse de Paris, Anne Hidalgo, a soutenu jeudi, au sommet Vivre ensemble de Montréal, que pour aspirer à la paix sociale, les villes doivent combattre les inégalités entre leurs citoyens et ainsi les rejoindre bien avant qu'ils ne se radicalisent.

L'événement initié par le maire de Montréal, Denis Coderre, auquel ont pris part une vingtaine de maires d'un peu partout dans le monde, devrait se répéter tous les deux ans et s'ancrer sur la création d'un observatoire international.

Le sommet a réuni les maires de 23 villes qui cherchent des solutions à la radicalisation violente après les attentats qui ont ébranlé Paris (notamment l'assassinat de 12 personnes aux bureaux de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo), Saint-Jean-sur-Richelieu (un soldat tué), Copenhague (deux morts) et bien d'autres villes.

La «Déclaration de Montréal», signée par tous les maires à l'issue du Sommet, prévoit la création de l'Observatoire international des maires sur le Vivre ensemble, auquel les villes pourront adhérer sur une base volontaire. Selon le communiqué final du sommet, le secrétariat central de l'Observatoire sera situé à Montréal pour les cinq prochaines années, et sera dirigé par l'ancien ambassadeur canadien Raymond Chrétien.

Cet observatoire travaillera en étroite collaboration avec les universités et autres centres de recherches des villes membres sur toutes les questions qui l'interpelleront, a-t-on précisé.

Les maires ont aussi décrété qu'un Sommet international des maires sur le Vivre ensemble se tiendrait tous les deux ans, dans différentes villes membres ou adhérentes. Le prochain Sommet se tiendra en 2017 dans la ville de Casablanca, au Maroc, sous la responsabilité du maire Mohamed Sajid.

Selon Mme Hidalgo, les villes sont des lieux de grandes inégalités qui sont source de frustrations et qui génèrent la violence.

«Ce qui fait qu'un certain nombre de personnes, de jeunes, peuvent se sentir attirés par la radicalité que nous condamnons tous», a-t-elle expliqué, jeudi midi, lors d'un événement ouvert à la presse.

Il s'agit d'un «sujet majeur, très concret», a dit la mairesse.

«S'il y a des territoires riches et des territoires pauvres, s'il y a de la ségrégation urbaine, ça ne génère que de l'affrontement, ça ne peut pas générer du vivre ensemble», a-t-elle ajouté.

À son avis, l'éducation est une piste de solution.

La mairesse a cité en exemple les mesures mises en place par Paris pour que ses écoles soient ouvertes le samedi afin que les enfants soient bien entourés par des bénévoles et continuent à travailler ensemble.

«Parce que les jeunes, ceux qui ont du mal à se construire dans le «nous collectif, ils ont besoin d'un accompagnement bienveillant», a-t-elle dit.

La mairesse de la capitale française a aussi brièvement mentionné qu'«il n'y a pas de liberté sans sécurité», lorsque les citoyens sont craintifs d'utiliser leur liberté d'expression ou lorsqu'ils ont peur de sortir de chez eux.

La mairesse de Washington, Muriel Bowser, a également parlé jeudi du combat nécessaire contre la pauvreté et des mesures prises par sa ville pour offrir de l'emploi aux «jeunes déconnectés et mécontents», pour trouver des résidences aux sans-abri et augmenter le salaire minimum.

Elle a soutenu que les villes, en tant que gouvernement de proximité avec la population, ont un rôle crucial à jouer pour s'attaquer à ces problèmes.

Questionné sur ce même type de mesures concrètes que Montréal pourrait prendre pour prévenir la radicalisation et faciliter l'intégration, le maire de Montréal, Denis Coderre, a rappelé l'importance pour la ville d'obtenir son statut de métropole afin d'avoir les outils nécessaires pour aller rejoindre les jeunes. Sans toucher à la compétence provinciale en éducation, il a dit songer à augmenter l'accessibilité des «équipements sportifs et culturels», sans toutefois offrir plus de détails.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, bien qu'il dise se sentir moins visé que d'autres maires par les enjeux discutés, expliquant que sa ville ne compte que 5% de personnes issues de communautés culturelles, a parlé de prévenir l'«isolement urbain». Il croit que cela peut être accompli de différentes façons, notamment avec ce qu'il a l'intention de faire dans sa ville, soit de multiplier les espaces publics qui seront des lieux de rencontre.

Mme Hidalgo avait aussi souligné que l'objectif du sommet est que chacun puisse repartir avec des idées et une capacité supplémentaire à affronter les événements.

L'instigateur du sommet, Denis Coderre, a expliqué pourquoi il avait uniquement convoqué des maires.

«Parce que le vivre ensemble se construit et se vit au niveau local», a-t-il avancé. Et aussi parce que les maires connaissent bien les besoins de leurs citoyens, a-t-il ajouté.

Les séances de travail du sommet ont eu lieu à huis clos et les journalistes n'y avaient pas accès.

Parmi les grandes métropoles du monde représentées par leurs maires, on trouvait entre autres Dakar, Bamako, Hiroshima et Beyrouth. Les maires canadiens provenaient de Halifax, Lac-Mégantic et Québec.

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