L'APN presse Stephen Harper de demander des excuses au pape

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Perry Bellegarde, le chef de l'Assemblée des Premières Nations et le premier ministre, Stephen Harper.

Photo Blair Gable, Reuters

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Kristy Kirkup
La Presse Canadienne
Ottawa

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations (APN) demande au premier ministre de profiter de sa visite au Vatican, jeudi, afin de presser le pape François d'offrir les excuses officielles de l'Église pour les agressions commises dans les pensionnats fédéraux pour Autochtones.

Perry Bellegarde estime que la visite au Vatican de Stephen Harper constitue une occasion en or pour soulever la question du rôle de l'Église catholique dans ces sombres pages de l'histoire canadienne.

Le 11 juin 2008 - il y a exactement sept ans jeudi -, le premier ministre Harper présentait solennellement aux Communes «les excuses complètes au nom des Canadiens relativement aux pensionnats indiens».

Pour M. Bellegarde, ce serait un symbole fort s'il profitait maintenant de cet anniversaire et de sa visite au Vatican «afin de demander au pape d'offrir les excuses officielles de l'Église pour le rôle qu'elle a joué». Selon le chef de l'APN, ces excuses seraient d'autant plus convaincantes si elles venaient de la bouche même du pape.

La Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui a entendu le témoignage de milliers d'anciens élèves des pensionnats fédéraux gérés souvent par des prêtres catholiques, a fait 94 recommandations dans son rapport accablant déposé la semaine dernière. Les commissaires recommandent notamment que le pape présente les excuses de l'Église ici même au Canada. Selon M. Bellegarde, ces excuses «de vive voix» aideraient les victimes à panser leurs plaies.

En avril 2009, le chef de l'APN de l'époque, Phil Fontaine, accompagné de quatre autres chefs autochtones et d'une délégation de l'Église catholique canadienne, avait eu un entretien privé avec le pape Benoît XVI au Vatican. Le bureau de presse du Saint-Siège avait ensuite publié un communiqué de trois phrases.

«Vu les souffrances que des enfants autochtones ont subies dans le système des pensionnats canadiens, le Saint-Père a exprimé ses regrets pour l'angoisse causée par la conduite déplorable de certains membres de l'Église et a offert sa sympathie et sa solidarité dans la prière. Sa Sainteté a souligné que les gestes d'abus ne sauraient être tolérés dans la société. Le pape a prié pour que les personnes affectées connaissent la guérison et il a encouragé les peuples des Premières Nations à continuer d'aller de l'avant, portés par une espérance renouvelée.»

Selon la Commission de vérité et réconciliation, ces paroles du pape ont pu avoir un effet apaisant pour les membres de la délégation au Vatican, mais peut-être pas autant pour les survivants des pensionnats, leur famille et les communautés autochtones qui n'ont pas entendu de vive voix le chef de l'Église.

Les partis d'opposition appuient eux aussi la recommandation de la commission relativement aux excuses du pape. Le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, a quant à lui écrit au Vatican la semaine dernière pour attirer l'attention du Saint-Siège sur les travaux de la commission, notamment sur les recommandations qui touchent le rôle de l'Église dans la gestion des pensionnats fédéraux pour autochtones.

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