Chapelle ardente pour Jacques Parizeau à Montréal

À l'extrême gauche sur la photo, la veuve... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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À l'extrême gauche sur la photo, la veuve de Jacques Parizeau, Lisette Lapointe

Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

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(MONTRÉAL) La file de personnes qui s'étire samedi devant la Caisse de dépôt et placement, à Montréal, ne raccourcit pas. Depuis la matinée, des centaines de Québécois se déplacent pour rendre un dernier hommage à Jacques Parizeau, exposé en chapelle ardente dans la Caisse de dépôt et placement du Québec, un édifice qui portera dorénavant son nom.

La file de personnes qui s'étire samedi devant... (PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPECIALE) - image 1.0

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PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPECIALE

La file de personnes qui s'étire samedi devant... (Photo Christinne Muschi, Reuters) - image 1.1

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Photo Christinne Muschi, Reuters

L'ancien premier ministre du Québec est décédé lundi, à l'âge de 84 ans, des suites d'un cancer généralisé.

Sa dépouille est exposée sur le parquet de la Caisse, un espace majestueux et lumineux dans lequel la famille du défunt prend le temps d'accueillir chacun des visiteurs. La veuve de M. Parizeau, l'ex-députée péquiste Lisette Lapointe, tient à serrer la main de chacune des personnes venues lui exprimer ses sympathies. 

Le cercueil de celui qu'on surnomme « Monsieur » est déposé sur un socle, qui est placé sur un tapis bleu. Des gerbes de fleurs blanches et une photo de l'indépendantiste complètent le décor aux couleurs du Québec. 

Recouvert d'un drapeau du Québec

Accueilli par une vingtaine d'agents de la Sûreté du Québec, le cortège funèbre est arrivé vers 9 h à la Caisse de dépôt et placement. Recouvert d'un drapeau du Québec, le cercueil de Jacques Parizeau a ensuite été transporté à l'intérieur, afin que les dignitaires et la population puissent lui rendre hommage.

Lizette Lapointe, ainsi que la famille et les proches, ont suivi le cortège funèbre.

Le premier ministre Philippe Couillard a été le premier dignitaire à se recueillir à proximité du cercueil et à offrir ses condoléances aux proches de M. Parizeau. Devant la presse, M. Couillard s'est montré très élogieux à l'égard du défunt, qu'il a qualifié de «grand bâtisseur». Il a mentionné que le disparu «a servi le Québec toute sa vie à sa manière, selon ses convictions et que pour cela, il mérite toute notre reconnaissance».

«Il a fait beaucoup pour la nation et il faudra continuer son oeuvre», a-t-il souligné.

Le premier ministre a affirmé qu'il n'était guère étonné de voir les citoyens affluer pour venir rendre un ultime hommage à «Monsieur».

«Je pense que les gens, les Québécois et les Québécoises, savent ce que nous devons à Jacques Parizeau. Au-delà de toutes les appartenances politiques, son oeuvre est magistrale, majeure. Le Québec d'aujourd'hui et de demain porte son empreinte», a-t-il déclaré.

Des déclarations élogieuses

De nombreux dignitaires, élus et ex-politiciens issus de divers partis politiques se sont déplacés pour saluer « Monsieur » une dernière fois. 

« C'est le père du Québec moderne. En tout cas, il a été parmi l'un des chevilles ouvrières les plus efficaces. C'est un bel édifice », a observé le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, en soulignant l'architecture particulière (et moderne) de la Caisse de dépôt et placement. 

« Je l'ai toujours admiré pour le don de soi à l'égard du service public. [...] Il a été plus qu'une source d'inspiration ; un exemple pour moi et pour plusieurs Québécois », a poursuivi M. Péladeau, à qui la foule a réservé de chauds applaudissements. 

L'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a lui aussi tenu à rendre hommage à un « grand de l'histoire ». « C'est un bâtisseur. Le Québec ne serait pas ce qu'il est, n'eût été de tout ce que Jacques Parizeau a fait. Pour tout ce qu'il a accompli de modernisation du Québec, on lui doit un gros merci », a-t-il déclaré. 

Les yeux humides, l'ancien chef du parti Option nationale, Jean-Martin Aussant, n'a eu que de bons mots pour celui qu'il considère comme son mentor. « C'est beau de voir que c'est assez unanime, que les gens de tous les horizons disent que c'est un homme d'état d'une stature immense. Je pense qu'on peut en être fier et en être digne », a affirmé celui qui a fait le voyage de Londres vers Montréal pour l'occasion. « Pour moi, c'est le plus grand homme politique de l'histoire du Québec, il n'y a aucun doute », a-t-il ajouté. « C'est un homme qui avait beaucoup d'humour, qui aimait parler d'absolument tout, même de choses très modernes. [...] Il avait les idées ouvertes sur plein de choses et il adorait la jeunesse. C'était un homme formidable. »

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a promis que la métropole allait rendre hommage à M. Parizeau « comme il se doit », en temps et lieu. « C'était un grand homme. [...] On n'était pas de la même famille politique, mais je pense qu'il faut reconnaitre qu'il a été l'un des pères du Québec moderne, et sa contribution économique était extraordinaire », a-t-il confié. 

« C'est un grand homme, il n'y a aucun doute », s'est rappelé John Parisella, autrefois directeur général du Parti libéral du Québec. « C'est sur que les gens vont me voir et dire : oh mon dieu, on était des opposants. Mais c'est un homme d'une grande civilité, avec une grande intelligence, un homme qui a enrichi le débat politique au Québec. C'était surtout avant tout un pédagogue. Quand on pose une question à M. Parizeau, on a toujours une bonne explication. C'est quasiment comme avoir un cours à trois crédits ! »

« J'ai énormément de respect pour lui, malgré qu'on soit dans deux options différentes. C'était mon devoir de venir souligner sa mémoire », a aussi souligné la libérale Fatima Houda-Pepin.

«Je ne me suis même pas demandé si je viendrais ou pas», a dit l'ancien député péquiste Joseph Facal, en hochant la tête et en refoulant ses larmes. 

« Je le respectais énormément. [...] Il a redonné à une partie importante des Québécois confiance en leur capacité de gérer leur économie intelligemment », a tenu à souligner le bloquiste Serge Ménard. « Indéniablement comme président d'un nouveau pays, ça aurait été un grand chef  d'État sur la scène internationale. »

Le député péquiste Maka Kotto a parlé du désarroi qui l'accompagne depuis le départ de M. Parizeau. «C'est toujours difficile, quand bien même on est préparés, de voir quelqu'un partir, quel que soit son âge», a-t-il dit. Les yeux humides, il a expliqué pourquoi il avait choisi de faire la file avec les citoyens avant de se rendre devant la dépouille de M. Parizeau. «Je tenais à m'imprégner des commentaires de la foule», a déclaré l'artiste.

La députée péquiste Martine Ouellet a quant à elle souligné le dévouement de M. Parizeau. « Il a donné toutes ses lettres de noblesse à la politique. C'est souvent malmené comme métier, et M. Parizeau a su donner de la hauteur à la politique par sa rigueur, son respect », a-t-elle déclaré. 

Pour le comédien Luc Picard, il était nécessaire et « naturel » d'offrir ses condoléances à la famille de M. Parizeau. « J'avais absolument besoin d'être là physiquement. C'est très, très émouvant. On a perdu un grand homme, un homme qui s'est battu pour nous, pour le meilleur, pour le meilleur de nous en fait. »

Des suggestions de la famille

Le lieu de la Caisse de dépôt et placement du Québec, ainsi que la disposition de la chapelle ardente, ont été suggérés par la famille. M. Parizeau a été l'un des architectes de l'institution qui célèbre ses 50 ans cette année.

Dimanche, la dépouille sera transportée à Québec où elle sera exposée à la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. Des funérailles d'État seront célébrées mardi à 14 h, à l'église Saint-Germain d'Outremont, à Montréal.

Entre-temps, le drapeau du Québec a été mis en berne sur la tour centrale du Parlement et sur tous les édifices publics du gouvernement jusqu'au jour des obsèques. Un registre officiel de condoléances a également été mis en ligne pour le public.

- Avec La Presse canadienne

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