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Ottawa doit soutenir l'immigration anglophone au Québec, recommande le commissaire Fraser

Le Commissaire aux langues officielles, Graham Fraser.... (PHOTO FRED CHARTRAND, LA PRESSE CANADIENNE)

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Le Commissaire aux langues officielles, Graham Fraser.

PHOTO FRED CHARTRAND, LA PRESSE CANADIENNE

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(Ottawa) Le Commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, encourage le gouvernement fédéral à soutenir la vitalité de l'immigration anglophone du Québec. Une recommandation que dénonce le Bloc québécois.

Dans son rapport annuel rendu public jeudi matin, le commissaire Fraser consacre deux de ses trois recommandations à la communauté québécoise anglophone, qu'il décrit comme ayant des difficultés et comme n'étant « pas toujours perçue à sa juste valeur ».

Le commissaire a entre autres recommandé au ministère fédéral de l'Immigration d'« établir clairement les mesures qu'il entend prendre pour favoriser la vitalité des communautés anglophones du Québec par l'entremise de l'immigration ».

« Les difficultés que connaissent les communautés anglophones du Québec en matière d'immigration sont similaires à celles que doivent surmonter les communautés francophones du pays, a-t-il noté. En effet, certaines ont de la difficulté à attirer un nombre suffisant d'immigrants anglophones pour pallier leur faible taux de natalité et l'exode des jeunes, et pour revitaliser leurs institutions à long terme. »

M. Fraser a précisé en point de presse qu'il respecte la compétence du Québec de sélectionner ses propres immigrants et que ses recommandations ne visent pas à plaider directement en faveur d'une hausse de l'immigration anglophone au Québec.

Mais « je pense que votre intérêt à ce sujet va soulever une discussion intéressante », a-t-il ajouté, se disant aussi conscient de la nature sensible du dossier linguistique dans la province.

«Déplorable»

Le Bloc québécois n'a pas tardé à réagir. « Le rapport du commissaire aux langues officielles est déplorable. Il propose de renforcer l'immigration anglophone alors que c'est le français qui est menacé au Québec », a dénoncé le chef du Bloc, Mario Beaulieu.

« On demande premièrement à M. Fraser d'arrêter de s'ingérer dans l'entente Canada-Québec sur l'immigration et plutôt que de proposer de renforcer l'anglais au Québec, il devrait se préoccuper très fortement de la situation des francophones hors Québec », a ajouté le chef bloquiste. 

Le rapport fait état de quatre principaux défis pour les anglophones du Québec, dont le fait qu'un nombre trop élevé d'entre eux quitte le Québec chaque année pour aller s'établir ailleurs; et le fait que les organismes qui offrent un soutien aux immigrants anglophones « ne jouissent d'aucune reconnaissance officielle de la part de l'État québécois ».

Le commissaire Fraser a aussi dénoncé le fait que « des ressources relativement importantes et stables sont consacrées par [le ministère fédéral de l'Immigration] à l'étude de la question de l'immigration francophone, mais ce n'est pas le cas en ce qui a trait à l'immigration anglophone ».

Il recommande au ministère fédéral de l'Immigration d'améliorer l'accès au financement de recherche pour les organisations anglophones et de « nouer le dialogue » avec le gouvernement du Québec pour améliorer la vitalité des communautés anglophones, notamment par une meilleure intégration.  

Le NPD a été plus prudent que le Bloc québécois dans sa réaction à la dimension québécoise du rapport. « C'est la compétence de la province du Québec », a noté le député du NPD Jamie Nicholls, porte-parole adjoint de l'Opposition en matière de langues officielles. Selon lui, le commissaire devrait surtout se concentrer sur les francophones hors Québec.

Un gouvernement du NPD mettrait-il en oeuvre les recommandations du rapport Fraser s'il était élu en octobre? « C'est à voir », s'est limité à dire M. Nicholls.

À noter que les préoccupations du commissaire à l'égard de la vitalité des communautés linguistiques en situation minoritaire s'appliquent aussi aux francophones hors Québec. Il a noté qu'en 2011, les immigrants constituaient seulement 12 % de la population de langue française à l'extérieur du Québec, et que cet apport n'est pas suffisant pour contribuer à la vitalité de cette communauté.

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