Travailleurs étrangers: Québec se heurte à la résolution d'Ottawa

La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil.... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement fédéral a refusé les demandes d'assouplissements pour faciliter l'embauche de travailleurs étrangers temporaires au Québec, ont annoncé jeudi deux ministres québécois.

La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a expliqué que ses demandes se sont heurtées à la résolution du ministre fédéral de l'Emploi, Pierre Poilièvre, qui a maintenu ses réformes du programme de travailleurs étrangers temporaires (PTET).

«Malgré des échanges ces derniers jours, dans les dernières heures, le gouvernement fédéral demeure fermé à toute modification de la réforme qui tiendrait compte de la réalité du marché du travail québécois», a-t-elle dit aux journalistes.

Ces réformes entrent en vigueur ce jeudi, malgré les protestations du gouvernement québécois, qui avait dénoncé, il y a 10 jours, l'intransigeance et l'unilatéralisme d'Ottawa dans ce dossier.

Mme Weil avait alors réclamé une rencontre d'urgence avec M. Poilièvre, mais jeudi, la ministre est apparue devant les journalistes pour expliquer que ses demandes sont restées vaines.

Selon la ministre, Ottawa est demeuré fermé aux demandes d'assouplissements du gouvernement québécois, qui souhaitait des modifications relatives aux spécificités de son marché du travail.

Lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale, Mme Weil a affirmé que l'intransigeance du gouvernement fédéral pourrait inciter des entreprises confrontées à une pénurie de main-d'oeuvre à quitter le Québec pour aller s'établir aux États-Unis.

«Quand nos entreprises n'arrivent pas à trouver de la main-d'oeuvre dans leurs régions, on ne vient pas les aider de quelque façon que ce soit en leur mettant des bâtons dans les roues comme le fait le gouvernement fédéral, a-t-elle dit. Nous tenons aujourd'hui à envoyer un message clair: l'application unilatérale de cette réforme par Ottawa aura des conséquences sur notre économie, sur nos entreprises et sur notre marché du travail.»

En juin 2014, les autorités fédérales avaient annoncé une refonte du programme de travailleurs étrangers temporaires (PTET) en raison d'abus constatés, dans certains cas où des travailleurs canadiens avaient été remplacés par des ressortissants venant travailler pour une durée déterminée à un salaire peu élevé.

Ottawa avait décidé d'obliger les employeurs à prouver qu'ils ont tenté d'embaucher un Canadien d'abord avant de recourir au PTET, qui n'inclut pas le secteur agricole. Il interdisait également aux secteurs de l'hôtellerie, du commerce au détail et de la restauration de recourir au programme dans les régions où le taux de chômage est de plus de 6 pour cent.

Parmi les griefs, Québec estime que des régions où le taux de chômage est de moins de six pour cent seront pénalisées. Le gouvernement québécois croit également que la diminution de la durée des permis de travail accordés à certains travailleurs, qui est passée de quatre à deux ans, viendra compliquer la tâche des entreprises confrontées à des pénuries de main-d'oeuvre.

Dans une déclaration écrite, M. Poilièvre a affirmé jeudi que le PTET a été réformé afin qu'il soit utilisé de façon limitée et en dernier ressort, pour combler temporairement les graves pénuries de main-d'oeuvre lorsqu'il est impossible de trouver des travailleurs canadiens qualifiés.

«Ces changements seront mis en oeuvre le 30 avril, ce qui a donné aux entreprises du Québec près d'un an pour s'y adapter», a dit le ministre.

Le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, a accusé les libéraux de s'être traînés les pieds dans ce dossier, alors que les conservateurs ont fait connaître leurs intentions il y a près d'un an.

«Le gouvernement n'a rien fait, puis on se présente en conférence de presse avec des faces d'enterrement parce qu'on a une pression des chambres de commerce pour sortir, mais, dans les faits, on ne fait rien que des conférences de presse, a-t-il dit aux journalistes. Ils sont venus tantôt, devant votre face, pour dire: 'eh, qu'on n'est pas contents!, et ils n'ont fait aucune démarche'.»

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