Suicide d'un vétéran de 65 ans: un coroner s'interroge sur l'aide accordée

Le récent suicide d'un ancien combattant québécois souffrant... (Photo Sean Kilpatrick, archives La Presse Canadienne)

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Le récent suicide d'un ancien combattant québécois souffrant d'un choc post-traumatique soulève encore une fois des questions sur l'aide accordée aux vétérans de l'armée canadienne.

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Le récent suicide d'un ancien combattant québécois souffrant d'un choc post-traumatique soulève encore une fois des questions sur l'aide accordée aux vétérans de l'armée canadienne.

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Thomas Sawyer 

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L'homme avait sombré dans l'alcool. Selon sa famille, sa détresse n'a pas été prise au sérieux. Le coroner qui a enquêté sur sa mort est du même avis.

C'est le voisin qui a trouvé Thomas Sawyer, quelques jours après Noël. L'homme de 65 ans était très, très soûl. Plus que d'habitude. Il avait été malade. Il y avait des bouteilles vides un peu partout dans son logement des Cantons-de-l'Est.

Inquiet, le voisin a appelé l'ambulance. Le vétéran a été transporté à l'hôpital de Granby. Une fois aux urgences, il ne répondait que par des sons. Quelques heures plus tard, ses organes se sont mis à flancher. Il est mort le lendemain matin.

Selon le coroner Gilles Sainton, il se serait volontairement intoxiqué dans le but de se donner la mort.

Le hic: ce n'était pas la première fois que le vétéran était hospitalisé parce qu'il était intoxiqué.

Sa fille raconte que la famille l'avait souvent amené aux urgences. «On leur avait donné plusieurs informations sur son état. Chaque fois, il a été renvoyé à la maison comme si de rien n'était.»

Quelques mois avant sa mort, le vétéran a notamment été admis au Centre hospitalier de Granby après avoir ingéré une quantité massive d'alcool. Il venait de mettre le feu à sa cuisinière dans un but suicidaire. «Suite à cette visite, aucune note au dossier ne permet de croire que de l'aide supplémentaire ait été proposée à Monsieur», lit-on dans le rapport du coroner que La Presse a obtenu.

Pourtant, Thomas Sawyer montrait plusieurs signes d'une personne suicidaire. Depuis la guerre à laquelle il avait participé, il y a plus de 30 ans, il souffrait d'un syndrome du stress post-traumatique.

Il vivait seul, il était en perte d'autonomie et il consommait abusivement de l'alcool.

«Malheureusement, on a eu l'impression d'être laissés seuls là-dedans», dit sa fille.

Dans son rapport, Gilles Sainton estime que «la prise en charge des soins de l'homme au Centre hospitalier de Granby est questionnable». L'établissement a «pris acte des recommandations du coroner», nous dit-on, et «des analyses sont en cours».

Pour Robert Bertrand, responsable du groupe Anciens combattants québécois, la mort de Thomas Sawyer n'est qu'une autre preuve du manque d'aide pour les vétérans. «Du moment qu'ils vont à la guerre, ils ne sont plus les mêmes hommes. Certains d'entre eux vivent des traumatismes qui restent pour la vie. Et ils préfèrent se tuer que d'endurer la douleur et de ne pas recevoir les soins dont ils ont besoin.»

Selon lui, les vétérans ne peuvent compter ni sur le gouvernement ni sur l'armée. «La chaîne de commandement est là pour avancer en grade. Ils s'occupent du 1%. Pas du 99.»

48
Depuis 2002, 48 soldats se sont suicidés à leur retour d'Afghanistan, révèlent des chiffres obtenus il y a quelques semaines par La Presse.
50
Depuis 2010, les Forces armées canadiennes ont instauré des «examens techniques professionnels médicaux des suicides». Une analyse de 38 suicides survenus en 2011 et 2012 révèle que 50% des militaires morts par suicide avaient pris part à la mission en Afghanistan.

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