Réforme de la carte électorale: Montréal -1, couronne nord +2

En jaune, la nouvelle circonscription de Mont-Royal-Outremont....

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En jaune, la nouvelle circonscription de Mont-Royal-Outremont.

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(QUÉBEC) Montréal perdrait une circonscription provinciale en vertu d'une réforme de la carte électorale présentée par la directrice générale des élections, hier. Une refonte qui prévoit l'ajout de deux sièges pour la couronne nord de la métropole et qui permet à des circonscriptions de rester intactes même si elles sont parfois deux fois moins populeuses que d'autres.

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En jaune, la nouvelle circonscription de Blainville et en bleu, la nouvelle circonscription de Les Plaines.

DEUX BASTIONS LIBÉRAUX FUSIONNENT

L'île de Montréal perdra un député - vraisemblablement libéral - aux prochaines élections en vertu de la réforme présentée hier par la Commission de la représentation électorale. L'organisme propose en effet de fusionner les circonscriptions de Mont-Royal et d'Outremont, deux sièges sûrs pour le PLQ. Les circonscriptions environnantes de D'Arcy-McGee, Notre-Dame-de-Grâce, Westmount-Saint-Louis et Mercier seront redécoupées. Mont-Royal-Outremont comptera 55 989 électeurs, soit 16 % de plus que la moyenne des circonscriptions du Québec.

DEUX SIÈGES DE PLUS POUR LA COURONNE NORD

La couronne nord de Montréal apparaît comme la grande « gagnante » de la réforme. Le « 450 » comptera deux nouveaux députés. La Commission recommande de remodeler les territoires de Blainville et de Mirabel afin de créer la circonscription Les Plaines. Une seconde circonscription, Prévost, serait créée au nord de Saint-Jérôme. La région des Laurentides-Lanaudière est décrite comme « la plus sous-représentée » au Québec. Le nombre d'électeurs y a bondi de 13,7 % depuis 2007.

UN SIÈGE DE MOINS EN MAURICIE

Une autre région sortira « perdante » de la réforme : la Mauricie. De 2007 à 2014, la population y a augmenté de 3,3 %, un rythme inférieur au reste du Québec. La circonscription de Saint-Maurice, qui comprend la Ville de Shawinigan, devrait donc disparaître, selon la Commission. Ses électeurs seraient répartis dans les circonscriptions voisines de Maskinongé et de Laviolette. Saint-Maurice est actuellement représentée par le libéral Pierre Giguère.

STATUT PARTICULIER POUR SIX CIRCONSCRIPTIONS

La loi électorale interdit que le nombre d'électeurs dans une circonscription soit supérieur ou inférieur de plus de 25 % à la moyenne québécoise. Mais six circonscriptions profitent d'une exception, et la commission recommande que leur statut soit prolongé. Abitibi-Est, Abitibi-Ouest, Bonaventure, Gaspé, René-Lévesque et Ungava resteraient donc intactes malgré leur faible population. « Le critère numérique n'est pas exclusif », résume la directrice générale des élections, Lucie Fiset. Elle souhaite éviter de créer des circonscriptions trop étendues.

DES ÉCARTS MAJEURS

Le régime d'exception recommandé par la Commission est en place depuis la dernière réforme de la carte électorale, en 2011. Il fait en sorte que différentes circonscriptions présenteront des disparités importantes en nombre d'électeurs. Si la réforme est adoptée telle quelle, le prochain député de Gaspé sera élu par 30 593 personnes. Celui d'Arthabaska, dans le Centre-du-Québec, sera élu par 59 568 personnes. Le vote d'un citoyen de Gaspé pèserait donc deux fois plus lourd que celui d'Arthabaska.

PLUS DE DÉPUTÉS ?

La Commission se garde de recommander à Québec d'imiter l'exemple d'Ottawa et d'augmenter le nombre de circonscriptions à l'Assemblée nationale. Le gouvernement fédéral fera passer de 308 à 338 le nombre d'élus à la Chambre des communes afin de refléter la nouvelle donne démographique. La Commission estime que c'est au gouvernement de décider du nombre de députés à Québec. Le commissaire Serge Courville rappelle que la question a été étudiée lors de la dernière refonte de la carte électorale. « Il faudrait augmenter démesurément le nombre de députés ou de circonscriptions pour maintenir des circonscriptions en région », a-t-il indiqué.

UN EXERCICE PÉRILLEUX

La dernière réforme de la carte électorale s'est avérée un exercice périlleux pour le prédécesseur de Mme Fiset, Marcel Blanchet. Celui-ci avait proposé d'effacer trois circonscriptions et d'en créer autant en banlieue de Montréal. Vertement critiquée en région, la proposition a été suspendue par le gouvernement Charest. Libéraux, péquistes et caquistes n'ont pas réagi à la proposition d'hier. Québec solidaire juge que la réforme de la carte est un exercice « futile » puisqu'à ses yeux, c'est l'ensemble du mode de scrutin qu'il faut changer.

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