Le SCRS a aidé Ottawa à se préparer à des manifestations

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Jim Bronskill
La Presse Canadienne

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a aidé d'importants responsables fédéraux à se préparer à une saison de manifestations attendues l'été dernier en opposition au développement des ressources, notamment à une décision charnière sur le projet d'oléoduc Northern Gateway.

Le SCRS a préparé des avis et du matériel d'information pour deux réunions du comité des sous-ministres sur les ressources et l'énergie, en juin, révèlent des documents obtenus à la suite d'une demande d'accès à l'information.

L'idée de se préparer a été amenée à la suite de manifestations contre la fracturation hydraulique au Nouveau-Brunswick, l'été précédent, qui ont tourné à la violence. Le gouvernement désirait en outre adopter une «approche proactive» en 2014, indique une note interne de Tom Venner, le directeur adjoint - politiques et partenariats stratégiques.

Ces documents tout juste rendus publics surviennent alors que les groupes environnementalistes et d'autres s'inquiètent du rôle que joue le SCRS dans la recherche d'information sur les opposants aux projets d'exploitation des ressources naturelles. De plus, un projet de loi du fédéral, le C-51, qui donnerait à l'agence de surveillance canadienne plus de pouvoir pour pincer les terroristes, suscite l'inquiétude de l'opposition.

Des questions concernant les droits traditionnels des autochtones et des traités, entre autres sur l'utilisation du territoire, sont encore d'actualité au Canada, a affirmé M. Venner dans une note adressée au directeur du SCRS, Michel Coulombe, à l'approche d'une rencontre des sous-ministres qui était prévue le 9 juin.

Le 17 juin, le gouvernement fédéral approuvait sous certaines conditions le projet d'oléoduc d'Enbridge, Northern Gateway, qui transporterait le pétrole de l'Alberta vers l'ouest, jusqu'à Kitimat en Colombie-Britannique.

Avant que cette décision ne soit annoncée, M. Venner avait envoyé une seconde note pour une autre réunion des sous-ministres le 19 juin. Cette fois, il décrivait l'évaluation du SCRS de trois scénarios possibles: l'approbation du projet d'oléoduc, son approbation avec consultation des communautés autochtones, ou son refus. La grande partie du contenu de la note a été caviardée.

D'autres sections censurées indiquent que le SCRS croit que la protestation et la contestation de la majorité des opposants à Northern Gateway est légitime, mais que ce n'est pas le cas de tous.

Le ministère de la Sécurité publique pourrait guider les sous-ministres dans une discussion pour «examiner les réponses fédérales possibles à des incidents de protestation et de manifestation», ajoute M. Venner.

Le matériel remis aux deux rencontres comprenait un synopsis des violences qui ont éclaté au Nouveau-Brunswick près de la communauté Elsipogtog, après que la GRC eut appliqué une injonction de la cour provinciale pour démanteler le campement des manifestants qui s'opposaient aux tests sismiques effectués dans la région pour extraire par fracturation hydraulique le gaz naturel.

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