L'armée a perdu trois obus de précision sans explication

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Murray Brewster
La Presse Canadienne
OTTAWA

En revenant de l'Afghanistan en 2011, l'armée canadienne a perdu trois obus à guidage de précision très sophistiqués.

Ce dossier embarrassant a déclenché une enquête, qui s'est déroulée pendant près de deux ans, par la police militaire et le commandement outremer, qui n'ont jamais été en mesure d'expliquer la bévue.

Au moment de remplir la paperasse de la fin de mission à Kandahar, les projectiles explosifs de 155 millimètres, nommés Excalibur, étaient introuvables.

Des documents obtenus par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information révèlent que les responsables militaires ont d'abord cru que cinq obus manquaient à l'arsenal. Ce nombre a été réduit à trois lorsqu'il fut réalisé que des papiers avaient été remplis en double.

Les projectiles coûtent 177 224 $ US la pièce. Ils sont toutefois plus précis que les obus ordinaires, pouvant être lancés jusqu'à 40 kilomètres de distance; ils atteindront leur cible à 20 mètres près.

La police militaire et le commandement outre-mer ont mené des recherches poussées, sans trouver l'explication de la disparition des obus. Selon les documents, des responsables de la défense ont exigé l'été dernier que les 513 000 $ perdus soient éliminés des livres du gouvernement. Cette requête a été approuvée.

Le mystère des munitions demeure aussi grand qu'à la découverte de leur disparition.

«Bien que le vol soit une possibilité, étant donné la taille et le poids des munitions, ainsi que les mesures de sécurité élevées entourant les munitions sur le terrain, le vol est hautement improbable», indique une note d'information datée du 18 juillet 2014 adressée au commandant des opérations conjointes.

Lourdes de 48 kilos, les pièces sont équipées de nageoires de direction en métal, les rendant plutôt difficiles à manipuler.

La mystérieuse disparition des armes a également eu des répercussions d'ordre mondial puisque ces projectiles sont couverts par Réglementation américaine sur le trafic d'armes au niveau international (ITAR). Alors que la situation aurait dû être rapportée au Bureau d'accès et de transfert de la technologie contrôlée du ministère de la Défense dans les 48 heures suivant la découverte de la disparition, l'armée n'en a pas soufflé mot durant 15 mois, expliquant qu'étant donné «les protocoles actuellement en place pour lancer un projectile Excalibur, [elle] pens[ait] qu'il s'agissait seulement d'une erreur administrative».

Une porte-parole du ministre de la Défense, Rob Nicholson, a affirmé que des enquêtes exhaustives étaient menées pour toute perte de biens publics pour prévenir que l'incident se reproduise.

Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de Défense, Jack Harris, a qualifié de grand embarras cet incident, et s'est dit choqué par le retard du rapport au bureau d'accès et de transfert de la technologie contrôlée.

«C'est embarrassant qu'une telle chose arrive avec des obus aussi dispendieux et controversés qui doivent être protégés, mais je pense que cela peut aussi potentiellement endommager notre relation avec les Américains», a affirmé M. Harris.

Il faut que quelqu'un au ministère de la Défense nationale prenne la responsabilité de la perte, croit-il.

La possibilité que les projectiles aient été prêtés sans suivi aux forces américaines a été considérée. Les documents démontrent que l'officier en charge avait été approché par les Américains pour qu'il leur donne trois de ces projectiles. Il a toutefois par la suite écrit qu'il avait appris des troupes américaines qu'elles les avaient reçus de leur propre canal d'approvisionnement.

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