L'aide internationale du Canada réduite d'année en année

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Un jeune homme syrien

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le gouvernement conservateur réduit d'année en année les sommes consacrées par le Canada à l'aide internationale, indique le directeur parlementaire du budget (DPB).

Pendant que le gouvernement Harper annonce à grand renfort de publicité les milliards de dollars consacrés à la santé des enfants et des mères dans les pays en voie de développement, les dépenses affectées à la lutte contre la pauvreté dans le monde ont chuté de 23% au premier semestre de la dernière année financière, indique le rapport du DPB, publié plus tôt ce mois-ci.

La part du produit intérieur brut (PIB) consacrée à l'aide internationale totale a ainsi baissé depuis 2010, lorsque le premier ministre Stephen Harper a annoncé la principale priorité de son gouvernement en matière de développement international: la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. En 2010-2011, l'aide internationale comptait pour 0,34% du PIB, mais elle chutait à 0,27% deux ans plus tard. Et les prévisions budgétaires indiquent que cette baisse se poursuivra, indique le directeur parlementaire du budget.

Les conservateurs songent à abaisser encore ces budgets à des niveaux à peu près inégalés depuis l'ère libérale, où les taux étaient passés sous la barre des 0,25%, au début des années 2000.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait invité l'an dernier les pays riches à consacrer presque trois fois plus - 0,7% du PIB - à l'aide internationale. M. Harper promettait alors 3,5 milliards $ d'ici 2020 à son initiative «Santé des mères, des nouveau-nés et des enfants», son «legs politique» en matière d'aide internationale. Autrement, le premier ministre a indiqué que le Canada choisirait des programmes dont les résultats peuvent être mesurés de façon tangible.

Melinda Gates, dont la fondation salue l'initiative personnelle du premier ministre canadien, a quand même critiqué à mots couverts la baisse des budgets consentis par le Canada à l'aide internationale. «Même lorsqu'un pays traverse des moments difficiles, nous avons le devoir moral d'aider», a-t-elle indiqué en entrevue.

Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique pour les affaires étrangères, Paul Dewar, accuse le gouvernement conservateur de masquer la baisse du financement de l'aide internationale par des annonces éclatantes. «C'est pourquoi les chiffres du directeur parlementaire du budget sont si importants pour moi - il donne l'heure juste au gouvernement, et les chiffres ne mentent pas», a-t-il soutenu.

«L'aide au développement international devrait viser un maximum d'impact sur les personnes dans le besoin, pas sur la promotion du gouvernement», a-t-il lancé.

Peu de pays ont adopté cette cible de 0,7% - le plus récent étant le Royaume-Uni, premier membre du G7 à s'engager, par une loi votée au Parlement, à atteindre cet objectif. M. Dewar se demande pourquoi le Canada, en meilleure posture économique que le Royaume-Uni, réduit ainsi ses budgets à l'aide internationale.

«Il y a aussi un prix à payer, car cela mine la crédibilité (du Canada). Cela signifie que vous n'êtes plus considéré comme un acteur responsable» sur la scène internationale, a-t-il estimé.

M. Dewar rappelle que son parti reprenait dans sa dernière plateforme électorale la cible de 0,7% du PIB en développement international.

Le cabinet du ministre du Développement international, Christian Paradis, n'a pas voulu commenter le rapport du DPB.

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