Le maire de Winnipeg reconnaît le problème de racisme

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Maclean's a qualifié la capitale manitobaine de «ville la plus raciste au Canada»

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Chinta Puxley
La Presse Canadienne
WINNIPEG

Le maire de Winnipeg, en larmes, a promis jeudi qu'il ferait tout pour combattre le racisme, après que le magazine national Maclean's, à la une de son dernier numéro, a qualifié la capitale manitobaine de «ville la plus raciste au Canada», essentiellement face aux Autochtones.

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Le maire Brian Bowman s'est présenté jeudi devant la presse entouré de chefs autochtones et de leaders des communautés culturelles, et il a admis que sa ville avait un problème avec le racisme.

Premier maire métis dans l'histoire de Winnipeg, M. Bowman a éclaté en sanglots lorsqu'il a dit souhaiter que ses fils puissent être fiers de leur patrimoine.

Il a admis que le racisme existe à Winnipeg, mais il s'est dit déterminé à agir.

«Ma femme est de culture ukrainienne. Ma famille est métisse, a-t-il évoqué. Je veux que mes fils soient aussi fiers des deux lignées familiales.»

Selon l'article du Maclean's, la mort de l'adolescente autochtone Tina Fontaine, âgée de 15 ans, et l'agression sauvage dont a été victime la jeune Autochtone Rinelle Harper, âgée de 16 ans, ont fait ressortir les mauvais traitements infligés aux membres des Premières Nations à Winnipeg.

D'autres personnes interrogées dans l'article croient que ces drames vont justement modifier les mentalités et les choses.

La mort de Brian Sinclair, un double amputé autochtone, durant une attente de 34 heures pour des soins dans une salle d'urgence en 2008, a aussi récemment fait l'objet d'un rapport d'enquête fort attendu. Certains membres du personnel ont raconté avoir tenu pour acquis qu'il était ivre - «dormant pour faire passer sa gueule de bois» - ou itinérant.

La réaction de l'hôtel de ville après la publication de l'article a été prompte. Le chef de police et des leaders autochtones et communautaires se sont rassemblés, non pas pour réfuter le contenu du reportage, mais pour promettre d'agir quant aux enjeux soulevés dans l'article.

«Nous vivons du racisme à Winnipeg. On ne peut pas ignorer les faits, a dit M. Bowman. L'ignorance, la haine, l'intolérance et le racisme existent partout.»

«Winnipeg se doit dès maintenant d'effectuer un virage et de changer la nature des relations», a-t-il poursuivi.

M. Bowman a affirmé que cela signifiait d'avoir un dialogue ouvert avec les leaders autochtones avant de prendre des mesures concrètes.

Le grand chef de l'Assemblée des Premières Nations au Manitoba a affirmé qu'il était crucial de maintenir les canaux de communication. Mais il a prévenu que combattre le racisme représentait un défi immense.

«Je vous garantis qu'en ce moment même, quelqu'un, quelque part, vit une expérience de racisme dans un restaurant ou dans les rues de Winnipeg. Je ne suis pas ici pour dire que cela est correct», a affirmé Derek Nepinak.

«Il y a des gens qui font de l'aveuglement volontaire à l'égard de la réalité des Autochtones dans cette société. Mais nous allons les confronter», a-t-il ajouté.

Ovide Mercredi, ancien chef de l'Assemblée des Premières Nations, a indiqué qu'il avait certes vécu du racisme à Winnipeg, mais qu'il n'a jamais voulu que cela définisse tout son être. Il y a bon nombre de gens dans les communautés autochtones qui ont la volonté de combattre les préjugés et de s'assurer d'une «tolérance zéro» à l'égard du racisme, a-t-il fait valoir.

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