Le journaliste canadien détenu en Égypte attend son audience en appel

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M. Fahmy, âgé de 40 ans, a été arrêté le 29 décembre 2013 avec deux autres collègues - le correspondant australien Peter Greste et le producteur égyptien Baher Mohamed.

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Sarah El Deeb
Associated Press
LE CAIRE

Un an après leur arrestation en Égypte, les trois journalistes d'Al-Jazeera détenus, dont un Canadien, et leurs proches attendent impatiemment que leur appel soit entendu par la Cour de cassation du pays, jeudi.

Le Canado-Égyptien Mohamed Fahmy, l'Australien Peter Greste et l'Égyptien Baher Mohammed ont été inculpés pour avoir supposément collaboré avec les Frères musulmans, désormais considérés comme une organisation terroriste en Égypte. Ils ont reçu des peines de prison de sept à dix ans au terme d'un procès controversé, qualifié d'imposture par certains.

Une réconciliation récente entre l'Égypte et le Qatar - propriétaire du réseau arabophone Al-Jazeera et partisan des Frères musulmans - a ravivé l'espoir quant à la libération des trois hommes.

«La réconciliation indirecte entre l'Égypte et le Qatar devrait se refléter lors de nos audiences en appel compte tenu de la nature politique de notre procès honteux», a écrit Mohamed Fahmy dans un message transmis par sa famille à l'Associated Press.

M. Fahmy a d'ailleurs remercié ses collègues de partout autour du monde qui ont manifesté leur appui - environ 140 000 personnes ont utilisé le mot-clic journalismIsNotACrime sur les réseaux sociaux.

«Cette année d'incarcération injuste a été plus supportable en sachant que notre cause, soit de rapporter les faits librement et en toute sécurité, a entraîné un éveil de conscience contre les dirigeants de ce monde qui musellent, tuent et emprisonnent les journalistes», a-t-il écrit.

Or, les proches des journalistes détenus ont appris à ne rien tenir pour acquis.

La mère de Peter Greste, Lois, s'est dite très nerveuse à l'approche du 1er janvier, espérant que tout se règle pour le mieux.

Mme Greste s'est rendue dans la capitale égyptienne avec son mari pour pouvoir assister à l'ouverture du procès en appel - et peut-être pour revenir avec son fils à la maison.

«Nous serons vraiment certains lorsque nous pourrons enlacer Peter et lorsque nous serons dans un avion, vers la maison», a indiqué le père du journaliste australien, Juris Greste.

La femme de Baher Mohammed préfère elle aussi attendre avant de se réjouir. Elle dit espérer que son fils, né pendant l'incarcération de son mari, puisse enfin connaître son père.

«Je ne crois qu'en Dieu. Pas à la justice, ni aux avocats, ni aux personnes», a-t-elle affirmé.

MM. Fahmy, Greste et Baher ont été arrêtés le 29 décembre 2013. Le gouvernement, à la suite de la destitution du président Mohammed Morsi, avait procédé à de multiples arrestations contre des islamistes. Les autorités considéraient qu'Al-Jazeera était une courroie de transmission pour les Frères musulmans qui mettait la sécurité du pays en péril.

Al-Jazeera English a toujours nié les accusations, insistant sur le fait que les journalistes faisaient leur travail en couvrant les manifestations d'appui au président déchu.

La défense alléguait que les journalistes étaient pris dans une querelle politique entre l'Égypte et le Qatar, qui appuie depuis longtemps la confrérie. Dans les dernières semaines, le Conseil de coopération du Golfe a signé un accord de réconciliation avec le Qatar, ce qui a laissé voir un rapprochement entre Le Caire et Doha.

Al-Jazeera a d'ailleurs fermé un de ses médias affiliés en Égypte, Al-Jazeera Mubasher Misr, qui offrait une couverture axée sur les islamistes. Certains ont avancé que ce geste pourrait mener à la libération des journalistes, que ce soit par un jugement du tribunal ou par un pardon du président Abdel-Fattah al-Sissi.

Il y a au moins 12 autres journalistes égyptiens détenus depuis l'année dernière qui font face à plusieurs accusations, selon Mohammed Lotfy, un militant pour les droits de la personne en Égypte qui a assisté au procès pour le compte d'Amnistie internationale.

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