Harper craint le retour du registre des armes «par la porte arrière»

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Stephen Harper craint que la bureaucratie fédérale tente de ramener le registre des armes d'épaule «par la porte arrière».

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Bruce Cheadle
La Presse Canadienne
SAULT STE. MARIE, Ontario

Il dit ne pas vouloir sembler paranoïaque, mais le premier ministre Stephen Harper est tout de même inquiet que la bureaucratie fédérale tente de ramener le registre des armes d'épaule «par la porte arrière».

M. Harper a courtisé les chasseurs et pêcheurs, vendredi, durant une période de questions planifiée avec soin, où étaient invités des représentants de la fédération ontarienne des chasseurs et pêcheurs.

M. Harper a ouvert l'événement en remerciant la fédération de chasse et pêche de l'avoir organisé, bien qu'un responsable ait déjà confirmé à La Presse Canadienne que c'était un événement du bureau du premier ministre auquel la fédération avait été invitée.

L'abolition du registre des armes d'épaule était une vieille promesse des conservateurs - ainsi qu'une manière efficace d'obtenir du financement. Maintenant que le registre est mort et enterré, le gouvernement en mode préélectoral relance les menaces de son retour dans des demandes de don répétées.

Le gouvernement a adopté une nouvelle loi le mois dernier, pour simplifier les demandes de permis d'armes. Il a aussi dénoncé haut et fort une tentative de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), lorsqu'elle a voulu interdire deux types de fusil qui sont, selon elle, trop faciles à convertir en armes automatiques.

«Je ne veux pas alimenter la paranoïa, mais en tant que premier ministre, je peux vous dire que je partage les frustrations des membres de notre caucus, a déclaré M. Harper, avant de faire allusion à «des initiatives bureaucratiques qui tentent effectivement de ramener le registre des armes d'épaule par la porte arrière».

Il a ajouté que le gouvernement s'assurerait que de telles mesures ne puissent être prises sans «un quelconque niveau de supervision politique».

Néanmoins, des documents obtenus par Radio-Canada révèlent que la GRC a averti le ministre de la Sécurité publique bien en avance de sa décision d'interdire le fusil Swiss Arms Classic Green et le CZ858 l'hiver dernier. Le document démontre aussi que la GRC a voulu entendre l'avis du ministre. M. Harper lui-même a été informé en mai 2013 des questions entourant le reclassement des armes, selon un autre document obtenu par La Presse Canadienne.

Mais le discours lié au registre des armes d'épaule est un bon cheval de bataille pour les conservateurs dans la circonscription de Sault Ste. Marie. Frank Sata, un conseiller municipal de la ville du même nom, a affirmé que la position du Parti conservateur contre le registre était décisive dans des circonscriptions nordiques comme la sienne. Les conservateurs y ont ravi le siège en 2011, par moins de 1200 votes, pour la première fois depuis 1988.

La salle où M. Harper a donné son discours était remplie principalement d'hommes blancs en complet. Un homme, Dave McKinney, attirait résolument l'attention avec son habit de camouflage.

M. McKinney a affirmé que le programme conservateur sur le registre des armes avait «absolument» influencé le vote en 2011 dans le nord de l'Ontario.

«Les gens y ont pêché et chassé toute leur vie, et soudain il y avait toute cette bureaucratie et c'était plus de dépenses, et des problèmes, et la police qui cherche à te faire passer pour un mauvais gars», a-t-il confié.

Le premier ministre n'a pas répondu aux questions des journalistes après l'événement.

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