Harper, en visite dans l'Arctique, s'en prend aux Russes

Selon M. Harper, les missions d'entraînement améliorent la... (Photo PC)

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Selon M. Harper, les missions d'entraînement améliorent la capacité opérationnelle canadienne dans l'Arctique et renforcent la souveraineté canadienne dans la région.

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La Presse Canadienne
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Une Russie renforcée est une menace pour ses voisins dans l'Arctique et le Canada doit être prêt à répondre à d'éventuelles incursions de Moscou dans la région, a affirmé mardi le premier ministre Harper alors qu'il complétait sa visite annuelle du Nord canadien.

Dans un discours aux accents nationalistes prononcé devant des troupes participant à une série de manoeuvres militaires au large de l'île de Baffin, M. Harper a parlé de la façon dont le Canada ne devait jamais baisser la garde face à l'impérialisme russe grandissant. «En Europe, nous voyons les ambitions impériales de Vladimir Poutine, qui semble déterminé à ce qu'il n'y ait pas de paix pour les voisins de la Russie», a dit le premier ministre.

«Et puisque la Russie est aussi un voisin du Canada, nous ne devons pas faire preuve d'aveuglement ici non plus.»

Voilà deux fois en six jours que M. Harper mentionne la Russie. La souveraineté dans l'Arctique est l'un des aspects sur lesquels M. Harper a largement insisté au cours de sa visite, avec des annonces allant d'initiatives agricoles à des remarques sur l'impact des fouilles pour trouver les navires de l'expédition Franklin sur le contrôle canadien des régions nordiques.

Plus tôt dans la journée, l'armée avait mené une partie de leur exercice annuel, l'Opération Nanook, dans les eaux voisines du détroit de Davis. Cette section de l'exercice visait à simuler les secours apportés à un navire de croisière échoué dans la baie York, près de la pointe sud de l'île de Baffin.

La version 2014 de l'exercice implique des membres des trois secteurs des forces armées, un navire de la marine danoise et un avion de surveillance américain.

Le premier ministre a déclaré que l'armée serait toujours nécessaire pour protéger le Canada contre les menaces d'un monde de plus en plus dangereux et incertain.

Les rangers du Nord veulent de l'équipement

Un nouveau rapport indique que le réchauffement climatique a altéré l'Arctique à un point tel que les rangers canadiens - principalement des réservistes autochtones patrouillant le Nord - ont besoin de nouveaux équipements pour circuler sur un territoire qu'ils ne reconnaissent presque plus.

Les terres glacées de leurs ancêtres comportent désormais bien moins de glace sur la mer, il n'est plus possible de prédire la température, des oiseaux et des mammifères inhabituels ont migré du Sud, et le gibier nordique traditionnel disparaît tranquillement, en plus d'avoir un drôle de goût.

Leurs patrouilles sont également devenues plus dangereuses, particulièrement lorsqu'ils se déplacent sur des ponts de glace devenus instables.

Les 54 rangers interviewés pour un rapport militaire publié en juin disent avoir besoin de téléphones par satellite, d'outils de navigation GPS et d'un meilleur équipement de recherche et de sauvetage, en plus de l'ensemble de base qu'ils réclament depuis des années, comprenant entre autres des fusils et des sacs de couchage.

Ce document a été obtenu par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information alors que le premier ministre Stephen Harper mettait un terme à sa visite annuelle dans le Nord, mardi, en participant à l'exercice de souveraineté appelé Opération Nanook 14.

Le rapport s'appuie sur des groupes de discussion formés dans quatre communautés, et recommande que le gouvernement cherche des moyens d'offrir aux 5000 rangers de l'équipement de base comme des manteaux.

«Les aînés pouvaient prédire le temps en regardant les nuages; ils ne peuvent plus le faire. Il est désormais impossible de prédire la température», est un commentaire fréquent concernant l'impact des changements climatiques dans l'Arctique, qui ont réduit la couche de neige, entraîné des printemps plus précoces et provoqué des vents hivernaux plus violents.

Les motoneiges sont moins disponibles alors que la neige disparaît, ce qui complique les déplacements. «Nous n'avions jamais d'incendies de forêt. Désormais, nous en avons de plus en plus chaque été», a déclaré un participant. «Il y a de nouvelles espèces comme des petits oiseaux, des canards, des saumons, des renards, des grizzlis et une espèce inconnue qui est un croisement entre un ours polaire et un grizzli, a dit un autre. Nous n'avions jamais vu ces espèces auparavant.»

Pendant ce temps, les animaux à la base du régime alimentaire traditionnel - le caribou, le phoque et l'ours polaire - migrent vers le nord pour échapper à la chaleur, laissant moins de proies potentielles aux communautés arctiques. «Les ours polaires étaient gras et goûteux. Ils goûtent différent maintenant», a confié un ranger.

L'Arctique n'est plus le réfrigérateur naturel qu'il était autrefois, ont indiqué d'autres participants. «Lorsque nous sommes sur les terres et que nous vivons dans des tentes, nous creusons des trous pour y mettre les carcasses afin qu'elles demeurent gelées. Maintenant, même à deux mètres de profondeur, ce n'est toujours pas gelé.»

Les groupes soutiennent que la diminution du nombre de proies a forcé davantage de familles à acheter de la nourriture moins saine et plus chère dans les épiceries, et que la santé des communautés du Nord s'en est ressentie.

Si la plupart des participants désirent l'implantation d'une nouvelle base militaire dans l'Arctique, les plus nombreuses plaintes concernent l'équipement fourni par les Forces canadiennes. «Nous utilisons encore le même équipement que les premiers rangers (en 1947): des tentes en toile et des poêles à bois», a mentionné un ranger, en soulignant que ses collègues et lui utilisaient leurs propres sacs de couchage et vêtements chauds durant leurs missions.

Une autre personne a réclamé des technologies pouvant aider à évaluer l'épaisseur de la glace océanique. Et les appels sont nombreux pour obtenir des armes plus modernes, alors que les rangers sont tombés à court de pièces pour leurs fusils Lee-Enfield, achetés lors de la fondation de l'unité en 1947 et conçus selon un design du 19e siècle. Ces fusils, qui supportent bien le froid, servent davantage à la protection des hommes face aux prédateurs qu'aux engagements militaires.

Un porte-parole de l'armée, Marc-Antoine Rochon, affirme qu'un appel d'offres pour le remplacement des fusils sera lancé cet automne et que les nouvelles armes doivent être distribuées à partir de cette année et jusqu'en 2021. M. Rochon n'a toutefois pas répondu aux autres demandes formulées par les rangers.




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