Une famille rom menacée d'expulsion obtient un sursis

Renata Buzas embrasse une de ses proches sous... (Photo Olivier Jean, archives La Presse)

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Renata Buzas embrasse une de ses proches sous le regard de son mari Tibor après avoir appris qu'elle et sa famille ne seront pas expulsés du Canada.

Photo Olivier Jean, archives La Presse

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Camille Carpentier
La Presse

Une famille rom de Montréal a évité de justesse la déportation vers la Hongrie hier. Craignant d'être persécutée si on la renvoyait dans son pays d'origine, la famille Buzas pourra rester au Canada jusqu'à ce que la Cour fédérale se penche sur son cas ou que le ministère fédéral de l'Immigration donne suite à sa demande de résidence permanente.

Tibor et Renata Buzas ainsi que leurs enfants Tibor (13 ans), Mercedesz (11 ans) et Lili (9 ans) ont appris la nouvelle hier alors qu'ils manifestaient devant les bureaux d'Immigration Canada à Montréal, près de 24 heures avant leur expulsion. Selon l'avocat de la famille, Me Éric Taillefer, c'est une décision peu fréquente qu'a émis la Cour fédérale. «Ça dit que la juge a considéré qu'il y avait une question sérieuse dans ce dossier, que la famille pouvait faire l'objet d'un préjudice irréparable si elle était déportée.»

L'avocat estime que la situation des enfants a eu un poids dans la décision de la Cour. La famille d'origine rom dit avoir été victime de discrimination et de violence raciales dans son pays d'origine et a trouvé refuge au Canada en 2011. «Nous avons fui la Hongrie, car le futur et la vie de nos enfants étaient à risque, a déclaré la mère de la famille, Renata Buzas, dans un communiqué. Chaque jour, ils souffraient d'abus psychologique et physique à l'école. Aucune mère ne peut supporter ça.» Les traumatismes de la persécution ont particulièrement affecté l'enfant aîné, qui combat des troubles d'apprentissages depuis son arrivée au Québec. «Tibor a vu sa maman se faire battre devant lui, et il a développé une très forte anxiété suite à un choc post-traumatique, explique le pédiatre des enfants Buzas, Sélim Rashed. Il avait un problème de bégaiement important. Avec les interventions, ça s'est amélioré, et il s'est arrêté de bégayer. C'est très inquiétant ce qui les attend là-bas», ajoute-t-il.

Les membres de la famille et leurs sympathisants ont exprimé leur joie et leur surprise devant cette décision. «J'attendais tellement cette journée-là, j'y rêvais depuis lundi», a lancé la jeune Mercedesz Buzas, tout sourire. «C'est une victoire claire. On espère que ça va aider les autres familles roms dans la même situation», a dit Mary Foster, membre de Solidarité sans frontières. Selon elle, il est rare qu'un sursis soit accordé dans des cas semblables à celui des Buzas.

Les violences raciales envers la communauté rom se multiplient depuis quelques années en Hongrie et dans d'autres pays européens. «Il y a en Hongrie une croissance de racisme ouvert et explicite contre les Roms, dénonce Mary Foster. Il y a même des milices qui marchent dans les rues avec des vêtements noirs pour intimider les familles roms.» Pourtant, le Canada considère encore la Hongrie comme un «pays sûr». Le nombre de demandes d'asile provenant des Roms hongrois a chuté de 90% depuis décembre 2012, soit lorsque le Canada a diffusé des publicités menaçant d'expulsion rapide les individus présentant une demande sans raison valable.




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