La mairesse de Mississauga prend sa retraite à 93 ans

À côté de sa Chevrolet Volt, la mairesse... (Photo Chris So, Toronto Star)

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À côté de sa Chevrolet Volt, la mairesse Hazel McCallion, 93 ans, se tient devant l'hôtel de ville de Mississauga.

Photo Chris So, Toronto Star

(Toronto) La Volt de la mairesse de 93 ans tourne le coin de la rue à toute vitesse et fonce dans l'entrée de garage. Son parechoc heurte brusquement le sol et la voiture électrique s'immobilise devant la maison. Une petite dame aux cheveux blancs sort et disparaît rapidement à l'intérieur. L'ouragan Hazel est arrivé pour l'entrevue.

Hazel McCallion prendra sa retraite à l'automne, après 36 années à diriger Mississauga. Sous sa houlette, la municipalité est passée d'une banlieue-dortoir de Toronto à la sixième ville en importance au Canada pour sa population, avec 750 000 habitants.

«Quand j'ai été élue à la mairie, il y avait un millier de chevaux qui broutaient devant l'hôtel de ville», a-t-elle raconté lorsque La Presse l'a rencontrée chez elle.

Les champs ont depuis cédé la place aux grandes artères, aux tours à condos, aux maisons unifamiliales, à Square One, l'un des plus grands centres commerciaux du Canada, et à de nombreux sièges sociaux. «Il y a plus de travailleurs qui entrent dans la ville le matin qu'il n'y en a qui en sortent», dit fièrement la mairesse.

Gaspésienne

Originaire de Port-Daniel, en Gaspésie, Hazel McCallion (née Hazel Journeaux) est arrivée dans la région de Toronto durant la Seconde Guerre, mutée par son employeur, la Canadian Kellogg, de Montréal où elle travaillait.

«Je suis une Québécoise!», lance-t-elle.

Elle habite maintenant à Streetsville, l'ancienne municipalité depuis fusionnée avec Mississauga, et qu'elle a dirigée en 1970, deux ans après avoir pris sa retraite de l'entreprise pour laquelle elle avait travaillé pendant plus de 20 ans.

Gouvernement local

Sa maison est jolie, au bout d'une petite rue tranquille. Lorsqu'elle ouvre la porte, la mairesse nous fixe sans rien dire. Son regard est un peu sévère, presque dur et fidèle à sa réputation: pas de temps à perdre avec les formalités.

On passe à la cuisine, où elle fait entrer un énorme chien par la porte arrière. Le berger noir paraît plus gros qu'elle. Elle s'assoit à la table jonchée de papiers, de livres et de rapports. Elle nous fixe de nouveau et elle attend. L'entrevue est commencée.

À 93 ans, pourquoi avez-vous décidé de prendre votre retraite? «J'ai décidé de faire quelque chose d'autre», répond-elle sans broncher. Elle parle de conférences et de voyages. Elle doit se rendre en République tchèque et à Singapour dans les prochaines semaines pour parler de développement durable.

«J'espère continuer à faire la promotion du gouvernement local comme le gouvernement le plus important au pays», ajoute-t-elle.

Les municipalités sont sous-financées et l'impôt foncier ne leur permet plus de joindre les deux bouts, insiste Mme McCallion. «Le gouvernement fédéral a tout l'argent, les provinces ont tous les pouvoirs et nous avons tous les problèmes.»

Développement urbain

La croissance fulgurante de la ville a elle-même apporté sa part de défis. Sous Hazel McCallion, Mississauga a réussi à se débarrasser de sa dette ; mais le vieillissement des infrastructures et le besoin d'adapter les transports à la population en croissance l'ont récemment forcée à emprunter à nouveau.

La manière de construire et d'aménager les villes aussi. «La reine de l'étalement urbain est devenue l'apôtre du transit», a écrit récemment le Toronto Star.

La mairesse prône maintenant une plus grande densité autour des artères principales, et elle milite pour des projets de transports en commun, dont un train léger rapide et une voie rapide d'autobus jusqu'à Toronto.

«L'étalement urbain n'est pas un mode de développement durable pour des transports en commun adéquats, explique-t-elle. C'est une approche axée sur l'automobile. Ça ne fait aucun doute. Mais les gens qui déménageaient à Mississauga, ils voulaient une maison.»

Malgré tout, elle affirme que tant la forme que l'ampleur de cette croissance avaient été prévues: «Nous croyions que nous avions l'occasion de le faire; c'était une situation où l'on devait attirer le développement économique. Mon ambition a toujours été d'avoir des gens qui vivent et qui travaillent dans la même communauté.»

Gestion d'entreprise

Au moment de passer le flambeau, elle aimerait qu'on se souvienne d'elle comme de celle qui a transformé la ville-dortoir en communauté à part entière, évidemment, mais aussi celle qui a gardé les finances publiques à l'abri du déficit et qui a bâti des infrastructures pour les familles de Mississauga.

Et alors que la course à sa succession bat son plein, elle offre quelques conseils au prochain maire: continuez à gérer la ville comme une entreprise, à chercher des moyens de limiter les dépenses, à sous-traiter des services au privé...

«Et suivez l'évolution des technologies, dit-elle. On doit rester à jour. C'est comme cela que fonctionne le secteur privé. On doit faire la même chose.»

C'est le pourcentage impressionnant de votes obtenus par Hazel McCallion aux élections de 1997. Le score est représentatif de certaines des majorités écrasantes remportées par la mairesse depuis 1978. Son appui a cependant diminué aux dernières élections: elle n'a obtenu que 76 % des voix...




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