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Le MTQ suit les lobbyistes à la trace

Écorché par le rapport Duchesneau de 2011 et... (PHOTO MATHIEU WADDELL, archives LA PRESSE)

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Écorché par le rapport Duchesneau de 2011 et encore hier à la commission Charbonneau, le ministère des Transports du Québec teste un moyen de protéger l'intégrité des travaux publics.

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Ciblé depuis cinq ans comme un haut lieu des jeux d'influence dans l'industrie de la construction, le ministère des Transports (MTQ) est en train de mettre sur pied une nouvelle procédure pour suivre à la trace toutes les activités de lobbyisme dans ses rangs, a appris La Presse.

Depuis cinq mois, le MTQ teste un répertoire informatique dans lequel on retrouve toutes les communications d'influence, les échanges téléphoniques, les rencontres entre les fonctionnaires et quiconque fait la promotion d'une entreprise, d'un produit ou de services. «Tous les employés devront faire état des activités de lobbyisme», a expliqué Mario St-Pierre, porte-parole du MTQ.

Cette tentative de redressement des règles de gestion n'est pas étrangère aux scandales qui ont marqué le MTQ depuis quelques années. Hier encore, les travaux de la commission Charbonneau ont écorché le MTQ. L'ex-président de l'entreprise Sintra, où l'on a fait de la collusion, a estimé qu'il aurait été simple pour le MTQ de détecter la connivence entre les concurrents qui soumissionnaient pour les contrats du Ministère. M. Bédard a également admis avoir emmené dans des voyages de pêche des hauts fonctionnaires du MTQ pour «mieux se connaître» et ainsi faciliter l'exécution des travaux.

Rapport Duchesneau

Le MTQ a décidé de porter une attention particulière au lobbyisme à compter de l'automne 2011 alors que le rapport Duchesneau (Unité anticollusion) révélait l'existence d'«un univers clandestin et bien enraciné d'une ampleur insoupçonnée» au sein du MTQ. Dans la foulée de l'onde de choc provoquée par ce rapport, le Conseil du Trésor a transmis un manuel de bonnes pratiques à tous les ministères afin de protéger l'intégrité des contrats publics.

Plus de deux ans plus tard, les choses se mettent en place sans qu'il y ait de date butoir pour que le répertoire soit officialisé. Il semble rester des zones d'ombre. Ainsi, il a été impossible de savoir si les communications des firmes de génie-conseil seront documentées étant donné que ces dernières ont démontré de la résistance à s'inscrire au registre des lobbyistes.

À l'Association québécoise des lobbyistes (AQL), ce nouvel outil de gestion du MTQ soulève des questions. Selon le président de l'AQL, Étienne Couture, «au MTQ, on devient de plus en plus frileux». «On s'est rendu compte que dans la plupart des ministères, il n'y a pas de consignes claires. Au MTQ, on fait un inventaire des contacts avec les lobbyistes et ça nous laisse perplexes. Ce serait dommage que l'on dédouble le travail du Commissaire au lobbyisme», estime M. Couture.

Ce dernier souhaite un changement de culture afin de démystifier le travail des lobbyistes. «Les lobbyistes ne doivent pas être confondus avec des porteurs d'enveloppes brunes. [...] Le lobbyisme, ce n'est pas une honte. Ce sont des gestes pour tenter d'influencer qui doivent être faits dans la transparence», souligne-t-il.

Du côté du Commissaire au lobbyisme, on voit d'un bon oeil que le MTQ s'assure de garder une trace des communications d'influence (agenda, correspondance, par exemple). Depuis 2011, on y a tenu une dizaine de séances de formation pour les employés du MTQ, notamment pour les inviter à vérifier si les lobbyistes qui les sollicitent sont inscrits au registre.




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