Réforme de l'éducation autochtone: la résistance s'organise

Ghislain Picard, le président québécois de l'Assemblée des... (La Presse Canadienne)

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Ghislain Picard, le président québécois de l'Assemblée des Premières Nations.

La Presse Canadienne

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Louise Leduc
La Presse

La résistance contre la réforme de l'éducation autochtone pilotée par Ottawa s'organise au Québec. L'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador a déposé hier une demande de révision judiciaire en Cour fédérale visant à empêcher le gouvernement fédéral d'aller de l'avant avec son projet sans le consentement préalable des Premières Nations.

Le 7 février, le gouvernement Harper a annoncé la conclusion d'une entente «historique» avec l'Assemblée des Premières nations en vue de réformer leur système d'éducation, de la maternelle à la 12e année. Au terme de cette entente, les Premières Nations ont obtenu la maîtrise de leurs écoles et une enveloppe de 1,9 milliard sur trois ans à partir de 2016. En contrepartie, les représentants autochtones ont consenti à rendre des comptes. Ainsi, les parents et les écoles devront veiller à l'assiduité scolaire des enfants, et les écoles autochtones devront également mettre sur pied des programmes d'éducation qui mènent à l'obtention de diplômes ou de certificats reconnus.

Shawn Atleo, le chef national des Premières Nations, a approuvé cette entente qui, à son avis, «marque une nouvelle ère d'équité, de possibilités et d'espoir pour les enfants» en ce qu'elle permet aux Premières Nations d'obtenir la maîtrise de leur éducation.

Pas d'entente, selon certains chefs

Le hic, c'est qu'aux yeux d'un grand nombre de chefs au Canada, en particulier au Québec, il n'y a pas d'entente.

«L'Assemblée des Premières Nations [à l'échelon national] n'a pas l'autorité de conclure des ententes au nom des Premières Nations du Québec», pouvait-on lire dans un communiqué envoyé la semaine dernière par la section québécoise de l'Assemblée des Premières Nations.

Malgré cette phrase contenue dans le communiqué, Ghislain Picard, le président québécois de l'Assemblée des Premières Nations, refusait de déclarer en entrevue à La Presse la semaine dernière qu'il y avait rupture avec les représentants nationaux.

Il disait cependant toute sa colère et celle de 22 communautés autochtones du Québec farouchement opposées à cette entente.

Pourquoi les chefs québécois sont-ils si hostiles à ce projet de réforme? Entre autres raisons, ils sont furieux que l'argent ne soit versé qu'en 2015-2016, soit après les prochaines élections fédérales. «Nous avons attendu 20 ans de nouvelles sommes, et maintenant, on nous demande d'attendre deux autres années. De plus, la promesse de nouveaux financements [dépend du] résultat de la prochaine élection, a signalé la semaine dernière le chef Gilbert Whiteduck de la Nation kitigan zibi anishinabeg (près de Maniwaki). Nous ne pouvons permettre au premier ministre de faire de la politique au détriment de l'avenir de nos enfants.»

Les chefs québécois sont aussi en colère contre le fait que le ministère des Affaires autochtones cherche à leur imposer des normes en matière d'éducation sans pour autant assurer l'enseignement des langues et des valeurs culturelles des Premières Nations.

Appelé à réagir au recours en Cour fédérale annoncé par les Premières Nations du Québec, le ministère fédéral des Affaires autochtones a répondu par courriel que «notre gouvernement croit fermement que les élèves des Premières Nations qui vivent dans une réserve ont droit aux mêmes outils de soutien et aux mêmes possibilités que les autres Canadiens».




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